Guinée-Bissau: Nouvelle annonce ubuesque d’Umaro Embalo autour d’une présidentielle contestée dans son pays!

Afriquinfos Editeur
4 Min de Lecture
Umaro Sissoco Embalo (DR-Rfi Afrique)

Rabat (© 2026 Afriquinfos)- Dix mois après avoir été renversé par un coup d’État, l’ex-Président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embalo a refait surface ce  lundi 28 septembre 2026. L’ancien dirigeant vient d’annoncer son prochain retour au pays, où il entend se présenter comme candidat à la présidentielle du 6 décembre 2026.

L’ex-Président bissau-guinéen en exil, Umaro Sissoco Embalo, a annoncé lundi à l’AFP son retour prochain dans son pays comme « candidat à la présidentielle » du 6 décembre censée rétablir l’ordre constitutionnel. Cette annonce intervient quelques semaines après l’organisation d’un référendum le 30 août dernier, tenu « dans un contexte de restriction des libertés publiques« , selon l’opposition.

La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, par des militaires qui ont renversé M. Embalo et suspendu le processus électoral.

De nombreux observateurs ont soupçonné à l’époque M. Embalo d’avoir orchestré le coup d’État pour arrêter le processus électoral qu’il semblait perdre.

« Je serai candidat pour la présidentielle« , a annoncé à l’AFP le Président renversé et en exil au Maroc qui a promis de revenir « au bercail« , sans préciser la date de son retour.

Depuis plusieurs jours, sur les réseaux sociaux, des militants du parti de M. Embalo annoncent son retour le 4 octobre. L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer cette date auprès de l’intéressé.

Interrogé sur un potentiel retour de M. Embalo la semaine dernière par un journaliste, le président de transition, le général Horta N’Tam, avait déclaré que « chaque Guinéen est libre de revenir dans son pays s’il ne se reproche de rien« .

« Même ceux qui m’insultent sur les réseaux sociaux peuvent revenir s’ils le désirent« , avait dit le Chef de la junte.

Selon la Charte de la Transition adoptée en décembre 2025, le général Horta N’Tam ne peut pas se présenter à la prochaine présidentielle.

Juste avant l’annonce du résultat des élections de novembre 2025, les militaires avaient justifié leur putsch en affirmant vouloir garantir la « sécurité au niveau national et rétablir l’ordre« , évoquant la découverte par les « renseignements généraux » d’un « plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue« .

Depuis, les militaires ont organisé un référendum constitutionnel pour passer à un régime présidentiel fort pour remplacer le système semi-parlementaire.

La nouvelle Constitution a été approuvée à 70% des suffrages le 30 août.

Climat politique tendu

L’opposition avait appelé à boycotter le référendum, notamment le PAIGC, parti historique ayant mené le pays à l’indépendance en 1974. Il a dénoncé l’organisation d’un référendum « dans un contexte de restriction des libertés publiques« .

La nouvelle Constitution vise principalement à remplacer le système semi-parlementaire par un régime présidentiel fort, en octroyant au chef de l’État le pouvoir de nommer et révoquer le Premier ministre, le gouvernement et de dissoudre le Parlement.

Les élections générales du 6 décembre doivent acter le retour au pouvoir des civils, dans un climat politique tendu.

Pays lusophone côtier d’Afrique de l’Ouest, la Guinée-Bissau est située entre le Sénégal et la Guinée (Conakry). Le pays avait avant le coup d’État du 26 novembre 2025, déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal.

V.A.