Wicknell Chivayo, ce jeune et prospère businessman qui met sens dessus sens dessous le Kenya et le Zimbabwe

Afriquinfos Editeur
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Chivayo et le Président

Nairobi (© 2026 Afriquinfos)- Un homme d’affaires zimbabwéen Wicknell Chicayo dont le nom est cité dans plusieurs dossiers louches, est à nouveau au coeur de la controverse au Kenya. Les autorités kenyanes ont été contraintes de démentir lui avoir accordé un contrat de plusieurs milliards de dollars américains pour l’agrandissement du principal aéroport du pays, l’aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA), situé à Nairobi.

Voitures de luxe, jets privés, maisons à plusieurs millions de dollars, et surtout des photos où il apparait tout sourire aux côtés de Chefs aux côtés des présidents Emmerson Mnangagwa du Zimbabwe, William Ruto du Kenya, Samia Suluhu Hassan de Tanzanie, Yoweri Museveni de l’Ouganda, ou encore de l’ancien président zambien défunt Edgar Lungu. Voilà ce qu’affiche Wicknell Chicayo sur ses réseaux sociaux, notamment sa page Instagram. L’homme semble en tout point être un Chef d’entreprise prospère, sauf que ces dernières années, il traîne derrière lui des casseroles dont il arrive jusque-là, à se débarrasser.

Wicknell Chicayo, voit à nouveau son nom, associer à une affaire d’attribution de marché d’envergure au Kenya. Certains médias zimbabwéens, dont le quotidien d’État Herald, avaient rapporté que la société de Chivayo, IMC Construction, faisait partie d’un consortium ayant remporté un appel d’offres de 2,9 milliards de dollars (375 milliards de shillings kenyans) pour l’agrandissement de l’aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA). Cette information a été aussitôt démentie par les autorités kenyanes. « Le gouvernement a pris note avec une vive préoccupation des informations parues dans certains médias (affirmant que l’entreprise de Chivayo serait chargée de l’agrandissement de l’aéroport international Jomo Kenyatta [JKIA])… Nous tenons à préciser que la société mentionnée dans ces articles (IMC Construction) n’a pas participé à cet appel d’offres et n’a aucun rôle, aucune implication ni aucun lien avec ce projet. Elle ne fait pas non plus partie des entreprises ayant soumissionné », a déclaré le ministre kényan des Transports, Davis Chirchir, dans un communiqué.

Bien que Nairobi ait démenti l’implication présumée de M. Chivayo dans l’appel d’offres pour l’agrandissement de JKIA, selon le Herald, journal d’État zimbabwéen, le maître d’œuvre de l’agrandissement de l’aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA) est la China Communications Construction Company (CCCC), dont la filiale, la China Road and Bridge Corporation (CRBC), est chargée de mener à bien ce vaste projet en collaboration avec l’entreprise de Chivayo.

Si l’implication de l’entreprise de Wicknell Chicayo dans cet important contrat, fait autant parler, c’est que son nom a été associé à plusieurs affaires controversées ces dernières années.  Selon les médias  zimbabwéens, en 2004, il a été condamné à trois ans de prison pour avoir escroqué un ressortissant sud-africain en lui faisant croire qu’il déposerait plus de 100 000 dollars sur son compte en échange de 46 000 dollars, en rands sud-africains. Chivayo a purgé sa peine à la prison de haute sécurité de Chikurubi à Harare. En mars 2011, le journal d’État zimbabwéen The Chronicle a révélé que Chivayo aurait créé de faux sites web, censés permettre à des clients crédules de se procurer des biens. D’après The Chronicle, les sites disparaissaient une fois les paiements reçus. En septembre 2019, Stanley Kazhanje, ancien président de la Zimbabwe Power Company (ZPC), a été condamné à trois ans de prison pour avoir reçu 10 000 dollars de la société Intratrek Zimbabwe, appartenant à Chivayo. En janvier 2025, il a promis un financement de 10 millions de dollars à l’Association de football du Zimbabwe (ZIFA) si son candidat préféré, Nqobile Magwizi, remportait la présidence de la ZIFA. A ce jour, aucun enregistrement public ne confirme que Chivayo ait honoré sa promesse.

Malgré tout, Wicknell Chicayo, a continue à gagner des marchés étatiques. Sa société, IMC Construction, a remporté plusieurs contrats énergétiques de plusieurs millions de dollars américains, dont un appel d’offres de 175 millions de dollars pour la construction d’une centrale solaire de 100 mégawatts, un contrat de 163 millions de dollars pour la modernisation d’une centrale électrique et un appel d’offres de 131 millions de dollars pour la construction d’une centrale hydroélectrique de 30 mégawatts.

Wicknell Chicayo a toujours rejeté toutes les accusations de corruption portées à son encontre les mettant sur le compte de détracteurs, jaloux de ses succès.

S.B.