Bamako (© 2025 Afriquinfos)- Le Département d’État américain vient de retirer le Mali de la liste des pays soumis à la taxe de 5.000 dollars à 15.000 dollars pour les demandes de visa. Le gouvernement malien a confirmé la levée de cette mesure de réciprocité, qui avait été imposée aux citoyens américains se rendant au Mali. Il n’y a donc plus d’exigence de visa de $5 000 à $15 000 pour les Maliens souhaitant voyager aux États-Unis.
Après que le Mali a décidé d’imposer, par réciprocité, une caution de visa de 15 000 dollars, les USA ont annoncé abandonner leurs mesures de rétorsion et d’exclure le Mali du ‘’Visa Bond Pilot Program’’, levant la caution infligée aux voyageurs maliens. Cette décision traduit une victoire diplomatique du Mali, qui a su défendre fermement le principe de réciprocité dans ses relations avec Washington.
Début août, le Département d’État américain, en coordination avec le Département du Trésor et le Département de la Sécurité intérieure, présentait un ‘’programme pilote de caution de visa’’ destiné à ‘’protéger les frontières et à préserver la sécurité nationale américaine’’.
Le Mali et d’autres pays du continent sont concernés par cette nouvelle méthode consulaire qui s’applique à eux depuis le 23 octobre dernier.
Le programme pilote s’applique ‘’à tous les détenteurs de passeports maliens, quel que soit le lieu de dépôt de la demande de visa’’, que celui-ci soit d’affaires ou de tourisme. Le candidat au séjour doit accepter, via le formulaire I-352 du Département de la Sécurité intérieure, les conditions de la caution ‘’ via la plateforme de paiement en ligne du Département du Trésor, Pay.gov’’.
D’après Washington cette mesure ambitionne notamment de contrer les dépassements de séjour des détenteurs de visas. Elle devrait permettre aux agents consulaires de réclamer, dans certains cas, aux demandeurs de visas B-1/B-2, une caution pouvant aller de 5 000 à 10 000 dollars américains.
L’application de la mesure dépendra du profil du demandeur, tout autant que de la perception de son pays d’origine, par le Département d’État.
Au moment d’appliquer la mesure, l’agent consulaire américain est, de façon générique, appelé à tenir compte de ‘’la situation du demandeur au moment de l’entretien’’.
Toutefois, l’administration Trump avait fait savoir que non seulement le programme est pilote –donc sujet à d’éventuelles modifications rapides–, mais aussi que ‘’le Département d’État peut mettre à jour la liste des pays concernée tout au long de la période’’.
En réponse à la mesure, le gouvernement malien avait annoncé la réciprocité pour les Américains souhaitant se rendre dans le pays.
Dans un communiqué en date du 12 octobre, le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération a avancé une ‘’décision unilatérale’’ des États-Unis et affirme que cette instauration de cautions ‘’porte atteinte aux dispositions de l’accord relatif au visa de longue durée à entrées multiples’’ conclu entre les deux pays, accord en vigueur depuis avril 2005.
Ainsi le pays d’Afrique de l’ouest a annoncé une mesure de réciprocité à l’encontre des ressortissants américains. Le texte officiel indique que ‘’le Mali prend acte de cette mesure’’, tout en la déplorant et en instaurant « un programme de visa identique ». Et le ministère malien a rappelé que Bamako a ‘’toujours collaboré avec les États-Unis’’ dans la lutte contre l’immigration irrégulière, mais ceci ‘’dans le respect du droit et de la dignité humaine’’. Le gouvernement malien a réaffirmé son engagement à promouvoir des relations de coopération fructueuses avec les Américains, mais ‘’dans le cadre du dialogue et du respect mutuel’’.
En dehors des taux élevés de dépassement de séjour aux États-Unis, l’administration Trump entend traquer les ‘’lacunes dans les procédures de contrôle et de vérification’’, le laxisme en matière d’acquisition de la citoyenneté ‘’par investissement sans exigence de résidence’’ ou encore toutes ‘’considérations de politique étrangère’’ inquiétantes pour les autorités américaines.
V.A.



