Un scientifique camerounais anglophone primé à Dubaï pour ses recherches en neuro-chirurgie

Afriquinfos Editeur
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Le Dr Gnatius Essene (DR)

Dubaï (© 2025 Afriquinfos)- Le Dr Gnatius Essene, neurochirurgien camerounais à l’Hôpital régional de Garoua, a remporté le prix du ‘’meilleur article de recherche’’, au Congrès mondial de la neurochirurgie à Dubaï en ce mois de décembre. Une distinction obtenue pour ses travaux sur les traumatismes rachidiens, avec un objectif clair : adapter les recommandations médicales aux réalités des pays à faible ou moyen revenu.

Originaire du département de la Momo, dans la région du Nord-Ouest, Ignatius Essene est le premier médecin de sa famille. Une vocation née très tôt, au contact de patients transportés sur des brancards de fortune vers des hôpitaux missionnaires. Soutenu par un père agriculteur, puis par des bourses issues de coopérations internationales, il devient le premier neurochirurgien de l’hôpital de Garoua.

« Quand j’étais jeune, les gens parcouraient des kilomètres de mon village jusqu’à un hôpital géré par des missionnaires européens. Je voyais des gens transportés sur des brancards, des brancards en bambou. Et je rêvais de devenir médecin ».

Un choix assumé. « J’aurais pu exercer hors d’Afrique, mais mon impact aurait été limité. Ici, je sais que je fais la différence », confie-t-il. Son engagement dépasse la pratique médicale : il milite pour une meilleure production de données scientifiques sur les pathologies neurologiques au Cameroun, encore largement absentes des priorités nationales et internationales, dominées par le VIH, le paludisme ou la santé maternelle.

Pour le Dr Essene, les problèmes chirurgicaux restent injustement relégués au second plan. Un retard qu’il appelle les pouvoirs publics à combler afin de bâtir un système de santé plus équilibré et performant.

Cette reconnaissance internationale pourrait désormais faciliter l’accès à de nouveaux financements, indispensables à la poursuite des projets de recherche menés par son équipe à Garoua. Une victoire scientifique, mais aussi un signal fort pour la médecine camerounaise.

Soutenu par son père agriculteur, puis boursier, Ignatius Essene beneficie d’accords de coopération entre le Cameroun et différents pays avant de devenir le premier neurochirurgien de l’hôpital de Garoua. « Sans le soutien de mon gouvernement et des organisations internationales pour financer ma formation, poursuit-il, je n’aurais peut-être pas atteint ce niveau dans ma carrière. (…) J’aurais pu pratiquer hors d’Afrique, mais mon action aurait été une goutte d’eau dans l’océan. Ici, je pense que j’ai plus d’impact ».

Comme pour sa recherche récompensée à Dubaï, Ignatius Essene veut contribuer à la collecte de données scientifiques sur la prise en charge de pathologies neurologiques, dans un pays comme le Cameroun. ‘’Car pour le moment, aucun de ces problèmes n’est considéré comme prioritaire par le gouvernement. La plupart des instances internationales, les gouvernements, l’OMS, considèrent le VIH, la tuberculose, le paludisme et la santé maternelle et infantile comme des problèmes importants. Mais ils négligent souvent les problèmes chirurgicaux. Le gouvernement doit investir dans ces problèmes pour que nous puissions développer un système de santé optimal’’.

Avec ce prix, le Dr Ignatius Essene espère avoir plus facilement accès aux financements pour de futurs projets de recherche de son équipe.

V.A.