Paris (© 2026 Afriquinfos)- Juliana Amato Lumumba, ancienne ministre de la Culture de la République Démocratique du Congo (RDC) est elle aussi, comme les trois autres candidats, passée devant les ministres des Affaires étrangères des États et gouvernements membres de plein droit, réunis en Conférence ministérielle extraordinaire (CMF) à Paris. Pendant son audition, la fille de Patrice Lumumba a présenté un projet au cœur duquel, les citoyens, les diasporas, les collectivités, et la francophonie s’imbriquent.
« Je veux une Francophonie qui parle aux citoyens, qui répond à leurs attentes concrètes, qui renforce les capacités locales et qui associe les jeunes, les femmes, les collectivités et les diasporas à la définition des priorités. Une Francophonie capable de devenir, au XXIe siècle, non seulement un espace de coopération entre États, mais également une véritable communauté mondiale de solidarité, d’intelligence collective, de créativité humaine et de paix entre les peuples », a déclaré Juliana Amato Lumumba, devant les Ministres des Etats membres de l’OIF.
Tout au long de son audition, l’ancienne ministre de la Culture de la RDC, présentée comme le premier pays francophone par sa population, a insisté sur une francophonie des peuples. Elle appelle à une organisation capable d’améliorer l’accès à l’éducation, à l’emploi, au numérique, à la culture et à la mobilité, tout en associant davantage les collectivités, les diasporas, les femmes, les jeunes et la société civile à la définition des priorités. Pour Juliana Amato Lumumba la Francophonie ne doit plus être perçue uniquement à travers ses sommets diplomatiques, mais comme un réseau vivant au service des populations. Ce faisant, la candidate de la RDC se démarque des autres candidats qui prônent plus sur une gouvernance de l’OIF ou sur son rôle diplomatique. Pour autant, Mme Lumumba a évoqué les enjeux liés à la démocratie, aux droits humains et à la sécurité humaine au sein de l’espace francophone : « Il faut une Francophonie qui assume pleinement son rôle politique, ce qui implique une vigilance démocratique impartiale, une prévention active des crises, un engagement constant en faveur des droits humains et de la sécurité humaine », a-t-elle déclaré.
La valorisation des langues locales avec le Français comme langue commune, fait partie de ses propositions : « Les langues sœurs, ce sont nos langues, celles que nous parlons. Elles sont le lingala, le swahili, le bambara, le khmer, le monégasque, le créole, le néerlandais, toutes les langues par lesquelles nous nous exprimons. Mais quelle est la langue qui nous unit ? C’est le français. C’est la langue qui nous relie », a-t-elle déclaré. La création d’une Biennale des rencontres interculturelles francophones et d’une Alliance francophone pour l’intelligence artificielle et les langues, seront au menu de son mandat si Juliana Amato Lumumba, est portée à la tête de l’OIF.
L’élection au poste de secrétaire général de l’OIF, est prévue lors du Sommet de la Francophonie, qui se tiendra à Phnom Penh en novembre 2026.
Boniface T.



