Lomé (© 2026 Afriquinfos)- Pour la commémoration des trente-six ans du soulèvement du 5 octobre 1990, l’opposition togolaise veut donner une nouvelle échéance à sa mobilisation. Plusieurs regroupements de partis et d’organisations porteurs du manifeste « Génération Togo», ont pour ce faire annoncé un « grand événement » le 20 novembre 2026, présenté comme un « dernier avertissement » au pouvoir en place.
L’événement du 20 novembre a été annoncé lors d’une rencontre tenue le dimanche 4 octobre au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) à Lomé, toujours en marge de la commémoration du 5 octobre 1990. Un rendez-vous présenté comme un « dernier avertissement » au pouvoir en place.
Porte-parole du Front « Touche Pas A Ma Constitution », Nathaniel Olympio en a fixé la tonalité. Le régime, rappelle-t-il, « va avoir 60 ans dans quelques mois ». La question posée aux Togolais est directe : « Est-ce que vous êtes prêt à accepter que ce régime continue de nous diriger après 60 ans ? » La réponse, assure-t-il, est « non », d’où la nécessité de « s’organiser ».
Le contenu précis de cette mobilisation reste toutefois à définir. Interrogé sur la nature du rendez-vous, Nathaniel Olympio s’est voulu prudent : « Soyez patients, on va vous l’annoncer. » Il a promis de préciser ultérieurement « comment ça se passera, où ça se passera et avec qui ça se passera ». Les premières indications évoquent un meeting ou une manifestation, sans qu’un format définitif ait encore été rendu public.
L’appel du 20 novembre s’inscrit dans une séquence politique où l’opposition entend renouer avec la mémoire du 5 octobre 1990. Cette journée, déclenchée autour du procès de deux jeunes militants, Logo Dossouvi et Doglo Agbélengo, est devenue un repère majeur de l’histoire politique togolaise et du processus ayant conduit à l’ouverture au multipartisme et à la Conférence nationale souveraine de 1991.
L’opposant s’est également référé à d’autres mouvements populaires pour souligner le caractère imprévisible d’une mobilisation. « Personne ne sait ce qui peut déclencher la colère d’un peuple », a-t-il lancé, évoquant notamment le vendeur de légumes tunisien dont l’immolation avait contribué au déclenchement de la révolution tunisienne en 2011.
Une mobilisation pacifique
Brigitte Adjamagbo-Johnson, secrétaire générale de la CDPA, a appelé à poursuivre la lutte « par des moyens pacifiques, démocratiques et institutionnels ». Elle a par ailleurs qualifié le changement constitutionnel intervenu en 2024 de « coup de force ». Dans sa communication autour de cette commémoration, la CDPA avait également insisté sur la nécessité de transmettre la mémoire du 5 octobre aux nouvelles générations.
L’annonce du 20 novembre intervient également dans un contexte marqué par les revendications de l’opposition autour de la réforme constitutionnelle de 2024 et de l’application de l’arrêt rendu en janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO. La CDPA figure parmi les formations qui continuent de réclamer publiquement des suites à cette décision.
Le 20 novembre constitue désormais la prochaine échéance annoncée par les organisateurs. Reste à savoir quelle forme prendra ce « dernier avertissement » et surtout quelle ampleur il pourra réellement prendre.
Les organisateurs disposent de six semaines pour transformer l’élan mémoriel du 5 octobre en mobilisation concrète.
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