Tunisie/Punir la prévarication sous un régime autoritaire: Condamnation d’Halima Ben Ali confirmée  

La Chambre criminelle tunisienne spécialisée dans la corruption a confirmé ce 5 mai, la peine de six ans d’emprisonnement d’Halima Ben Ali, fille de l’ancien Président Zine el Abidine Ben Ali.

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Halima Ben Ali (DR)

Tunis (© 2026 Afriquinfos)- La Chambre criminelle tunisienne spécialisée dans la corruption a confirmé ce 5 mai, la peine de six ans d’emprisonnement d’Halima Ben Ali, fille de l’ancien Président Zine el Abidine Ben Ali, renversé par la Révolution de 2011. Une décision d’appel qui scelle son sort judiciaire sur le papier, mais sans effet concret sur le terrain, puisque la jeune femme de 33 ans ne réside plus en Tunisie depuis son exil en pleine Révolution.

Cette décision de la justice tunisienne intervient quelques semaines après un rebondissement à l’international. Elle intervient dans le cadre d’un dossier portant sur des accusations à caractère financier et des soupçons de corruption financière, un contentieux qui s’inscrit dans la longue série de procédures ouvertes contre des membres de l’ancien clan présidentiel depuis la chute du régime en 2011. À l’époque, Halima Ben Ali avait 19 ans.

Arrêtée en septembre dernier à l’aéroport de Paris alors qu’elle rejoignait Dubaï, elle a vu la justice française refuser, début avril, son extradition vers Tunis.

La justice tunisienne communique désormais peu avec les médias nationaux, ce qui laisse planer un flou sur les preuves exactes retenues contre elle. Ce qui est connu, en revanche, c’est que son nom a émergé en 2018 dans plusieurs dossiers de malversations. Mais ses avocates, tunisiennes et françaises, opposent un argument de fond : à l’époque des faits reprochés, Halima Ben Ali était mineure et n’aurait pu jouer un rôle actif dans les circuits financiers familiaux.

Un coup de grâce de Paris ?

Tant qu’Halima Ben ne pose pas un pied en Tunisie, sa condamnation restera symbolique. La France a clos la voie de l’extradition, les Émirats arabes unis, où elle réside habituellement, n’ont pas d’accord d’extradition avec Tunis, et aucune Interpol n’était en jeu dans cette affaire. Pour les avocats des parties civiles tunisiennes, cette situation illustre l’impuissance relative de la justice post révolution face à l’exil doré des anciens dirigeants.

Le 1er avril 2026, la justice française a en effet rejeté la demande d’extradition visant Halima Ben Ali, au terme d’une procédure entamée fin 2025 devant la chambre de l’instruction à Paris.

Installée à Dubaï, Halima Ben Ali avait été interpellée fin septembre 2025 à l’aéroport de Paris, alors qu’elle s’apprêtait à regagner les Émirats arabes unis après un séjour privé, à la suite d’une demande des autorités tunisiennes.

Sa défense, assurée par l’avocate Samia Maktouf, avait dénoncé un dossier à motivation politique, affirmant que sa cliente se retrouvait au cœur d’un contentieux dépassant sa propre personne.

Avant cet épisode parisien, elle avait déjà été arrêtée en Italie en 2018, également à la demande de la Tunisie, avant d’être remise en liberté.

Cette affaire s’inscrit dans le prolongement des procédures engagées après la chute de Zine El Abidine Ben Ali, qui avait quitté la Tunisie le 14 janvier 2011 après 23 années au pouvoir, avant de s’installer en exil en Arabie saoudite, où il est décédé en 2019.

Depuis, plusieurs membres de son entourage familial continuent de faire l’objet de poursuites judiciaires liées à des dossiers financiers, de corruption et de détournement de fonds.

Ce nouveau rebondissement judiciaire intervient dans un pays qui peine à juger les responsables du système Ben Ali, seize ans après la chute du régime. Si plusieurs proches de l’ex président ont été condamnés, rares sont ceux qui ont purgé des peines effectives en Tunisie. La fuite de la famille Ben Ali vers l’Arabie Saoudite puis Dubaï, dès janvier 2011, a transformé la traque des avoirs illicites en parcours d’obstacles diplomatiques. La France, terre d’accueil choisie pour son système judiciaire protecteur, vient d’en offrir une nouvelle illustration avec son refus d’extrader Halima Ben Ali.

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