Dakhla (© 2026 Afriquinfos)- Une délégation d’officiers supérieurs relevant du bureau de coopération militaire de l’ambassade des États-Unis à Rabat s’est rendue sur le site du futur complexe portuaire de Dakhla Atlantique.
Ce déplacement s’inscrit dans le prolongement direct de la mission effectuée en juin dernier au poste-frontière d’El Guerguerat, consacrée à la sécurité transfrontalière et à la lutte contre les trafics illicites. En portant leur attention sur le secteur maritime, les représentants américains actent la centralité de la région dans la feuille de route stratégique du Royaume et confirment la convergence d’intérêts entre Rabat et Washington.
Au cours de cette visite technique, les émissaires américains ont tenu des séances de travail avec les autorités locales et les responsables du secteur maritime. Les discussions ont porté sur la sécurisation des routes maritimes, le développement des infrastructures critiques et la connectivité régionale. Ce rapprochement sur le terrain reflète une volonté partagée de sécuriser la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest, un espace névralgique pour le commerce international et la stabilité régionale.
Dakhla Atlantique, méga-chantier structurant achevé à 65%
Inscrit au cœur du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud, le complexe portuaire de Dakhla Atlantique est conçu pour repositionner le Sahara marocain sur les cartes logistiques mondiales.
Selon les données actualisées du ministère de l’Équipement et de l’Eau, les travaux mobilisent plus de 2 800 personnes en continu et enregistrent un taux d’avancement global supérieur à 65%. La réalisation du pont maritime atteint 85,4%, tandis que le remblaiement principal franchit la barre des 50%.
Sur le plan technique, l’ouvrage a été dimensionné pour répondre aux standards du commerce maritime de grande capacité :
– Profondeur du bassin commercial : approfondissement porté à 18 mètres pour accueillir des navires porte-conteneurs de derniere génération.
– Capacité énergétique: aménagement de deux quais dédiés à l’ammoniac vert, capables de traiter jusqu’à 6 millions de tonnes par an.
– Projections continentales: intégration d’un quai spécialisé pour les colis lourds et développement d’une zone industrielle et logistique bas-carbone contiguë.
L’infrastructure s’aligne directement sur l’Initiative Royale visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’Océan Atlantique, transformant Dakhla en une plateforme de désenclavement économique pour la profondeur continentale africaine.
L’intérêt des responsables américains pour le port de Dakhla fait écho à une présence économique de plus en plus affirmée des entreprises et agences fédérales des États-Unis dans le Sahara marocain.
Fin juillet, l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) a formalisé un accord avec la coentreprise maroco-américaine ORNX. Cet engagement prévoit l’octroi d’une subvention de 5,7 millions de dollars (57 millions de dirhams) pour financer les études d’ingénierie préliminaires d’une usine de production d’ammoniac vert basée à Laâyoune.
Ce projet industriel, appuyé sur un consortium d’ingénierie américain, vise une capacité de production de 560.000 tonnes d’ammoniac vert par an, adossée à une puissance d’électrolyse de 900 mégawatts alimentée par des sources renouvelables. Cette visite s’inscrit dans un calendrier plus large de coopération bilatérale, alors que le chantier de Dakhla Atlantique doit être livré progressivement à partir de 2027. Les prochaines étapes incluent l’achèvement des infrastructures maritimes, la mise en service des quais énergétiques et l’accueil d’investisseurs internationaux, notamment dans le domaine de l’hydrogène vert.
La combinaison d’inspections militaires, de financements publics d’ingénierie et d’investissements privés dans les énergies d’avenir montre que les États-Unis abordent le Sahara marocain comme un pôle de stabilité et de croissance durable au sein de l’espace atlantique.
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