Togo: Nouveaux appels depuis la diaspora à manifester le 30 aout, attente d’un nouveau Gouvernement

Afriquinfos Editeur
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Appel à Manifester du M66 (DR-Nathaniel Olympio)

Lomé (© 2025 Afriquinfos)- La situation socio-politique qui prévaut au Togo semble bien assez préoccupante. Plus de trois  mois, après la démission de l’ancien exécutif à la veille de la prise de fonction de Faure Essozimna Gnassingbé, premier président du conseil des ministres depuis le 3 mai, le pays est toujours sans gouvernement. Cependant, de son côté, le Mouvement du 6 juin (M66) a appelé à une nouvelle journée de manifestations pour le 30 août 2025.

Malgré les répressions subies lors de précédents rassemblements, le Mouvement du 6 juin (M66) a appelé à une nouvelle journée de manifestations pour le 30 août 2025.

Pour cette nouvelle mobilisation, les revendications du M66 ont été élargies. Outre la démission du président Faure Gnassingbé, le retour à la Constitution de 1992 et la libération des prisonniers politiques, le mouvement exige désormais la restauration totale de l’accès à Internet.

« Le 30 août 2025, du Nord au Sud, des villes et villages, la voix du peuple va rugir d’une seule et même force ! Ensemble, nous exigeons :

• La démission du gouvernement illégitime

• Le retour à la Constitution de 1992

• La libération immédiate de tous les prisonniers politiques

• La liberté totale d’accès à Internet

Le peuple uni ne sera jamais vaincu ! », a déclaré le mouvement dans un communiqué.

Un pays sans gouvernement depuis plus de trois mois

La tension reste vive alors que le pays baigne dans un vide politique. Ce vide politique intervient dans le sillage du passage au régime parlementaire entamé le 6 mai 2025, après une transition d’un an. La nouvelle Constitution, adoptée en avril puis promulguée en mai 2024, a ouvert la voie à une Ve République contestée.

L’attente s’allonge et la patience des Togolais s’effrite. L’équipe sortante, chargée des affaires courantes, continue de gérer le pays, mais nombreux sont ceux qui dénoncent un flou persistant dans la gouvernance.

Pour une partie des Togolais, la période transitoire d’un an accordée par le pouvoir depuis l’adoption de la nouvelle Constitution en avril 2024, destinée à installer les institutions de la VeRépublique, n’a pas suffi à préparer le terrain pour la formation d’un gouvernement stable. Selon eux, le pays n’était pas prêt pour ce changement de régime, faute de réelles concertations.

Les négociations pour constituer une nouvelle équipe gouvernementale se poursuivent au Togo, comme l’a récemment confirmé Gilbert Bawara, ministre de la Réforme du service public et proche de Faure Essozimna Gnassingbé, lors d’une émission télévisée. ‘’Le gouvernement en formation sera le premier de la première législature de la Ve République’’, a-t-il assuré.

Mais malgré cette confiance affichée, une frange de l’opposition radicale, toujours opposée au passage du pays à un régime parlementaire, reste indifférente à ces évolutions. Ces opposants, qui réclament le retour à l’ancienne Constitution de 1992, amendée à plusieurs reprises, font de la formation d’un nouveau gouvernement leur dernier souci. « La Dynamique Monseigneur Kodzro (DMK) ne se préoccupe pas de cette formation gouvernementale issue de la Ve République. Nous ne reconnaissons pas les institutions nées de ce coup d’État constitutionnel. Nous restons dans la même logique et n’attendons rien d’un gouvernement issu d’une telle imposture, alors que la loi exige un référendum pour toute modification constitutionnelle », affirme Thomas Nsoukpoe, porte-parole de la DMK, coalition de partis d’opposition togolaise.

L’absence d’un gouvernement depuis trois mois suscite l’inquiétude de plusieurs observateurs politiques togolais, qui y voient une manœuvre délibérée. ‘’Ce retard dans la formation du gouvernement est avant tout une stratégie politique. Ce n’est pas un simple blocage administratif ou technique, même si des rumeurs évoquent un nouveau président de la République réclamant sa part de portefeuilles avant de signer. Ce délai traduit un pouvoir qui cherche à gagner du temps, à étouffer la contestation et à verrouiller les postes clés sous son contrôle’’, analyse le politologue Madi Djabakaté.

Selon lui, l’opposition radicale togolaise serait en situation de dilemme : ‘’Participer à un gouvernement d’union nationale sans garanties solides serait pour elle une trahison idéologique et une tentative de récupération par le pouvoir’’.

V.A.