Lomé (© 2026 Afriquinfos)-Le Syndicat National des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT) célèbre ses 15 ans d’existence ce 27 août 2026. Dans une déclaration rendue publique pour l’occasion, l’organisation dévoile les résultats d’une enquête menée entre avril et mai auprès de 69 journalistes du secteur privé.
Dans sa déclaration rendue publique le 27 août 2026, le syndicat dénonce une précarité devenue structurelle et appelle à une réforme urgente du cadre social applicable aux journalistes.
Le SYNJIT entend attirer l’attention sur une réalité préoccupante : la dégradation des conditions de vie et de travail des journalistes exerçant dans le secteur privé. Dans une déclaration publiée le 27 août 2026, le syndicat, par la voix de son secrétaire général, Narcisse Dodzi Prince-Agbodjan, dresse un constat particulièrement alarmant sur la situation sociale des professionnels des médias.
Selon les résultats d’une enquête menée auprès de 69 journalistes, la précarité salariale apparaît comme l’un des principaux maux qui fragilisent la profession. 91,3 % des personnes interrogées déclarent percevoir moins de 100 000 FCFA par mois, tandis que 49,3 % disposent d’un revenu inférieur à 50 000 FCFA. Pour le secrétaire général du SYNJIT, ces données traduisent une situation qui dépasse les difficultés individuelles et révèle une véritable crise sociale au sein du journalisme privé.« Le journalisme privé togolais est en état d’asphyxie sociale », déplore Narcisse Dodzi Prince-Agbodjan.
Une profession confrontée à l’instabilité de l’emploi
À la faiblesse des rémunérations s’ajoute une forte précarité contractuelle. L’enquête révèle que 60,9 % des journalistes interrogés travaillent sous contrat à durée déterminée (CDD), en stage, à la pige ou dans le cadre d’un bénévolat prolongé. Cette instabilité professionnelle compromet non seulement la sécurité des travailleurs des médias, mais également leur capacité à envisager durablement une carrière dans le secteur.
La protection sociale demeure, elle aussi, un sujet de préoccupation majeur. Selon le SYNJIT, plus d’un journaliste sur deux ne bénéficie ni d’une couverture auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ni d’une assurance maladie. Une situation qui expose les professionnels à une vulnérabilité accrue face aux risques sociaux et sanitaires.Plus préoccupant encore, 78,3 % des journalistes sondés estiment ne pas être en mesure de poursuivre leur carrière jusqu’à l’âge de la retraite. Un indicateur qui traduit, selon le syndicat, une profonde désillusion quant aux perspectives offertes par la profession.
Le SYNJIT réclame l’application des textes
Face à cette situation, le syndicat ne souhaite pas s’en tenir au constat. Il demande aux pouvoirs publics et aux responsables des entreprises de presse de prendre des mesures concrètes pour améliorer les conditions de travail des journalistes du secteur privé. « Le SYNJIT ne demande pas de cadeaux, il exige l’application des textes », affirme Narcisse Dodzi Prince-Agbodjan.
Parmi les principales revendications formulées figurent l’application effective de la Convention collective, l’instauration d’un salaire minimum professionnel, ainsi que le conditionnement de l’aide publique accordée aux médias au respect de leurs obligations sociales envers leurs travailleurs. Le syndicat plaide également pour un meilleur encadrement des stages, afin d’éviter que ceux-ci ne deviennent une forme durable de précarisation de la main-d’œuvre journalistique.
Un avertissement sur l’avenir de la profession
Pour le SYNJIT, la question dépasse désormais le seul statut des journalistes. Elle touche directement à la qualité et à la pérennité de l’information professionnelle au Togo. Des journalistes insuffisamment rémunérés, sans protection sociale et soumis à une forte instabilité contractuelle disposent, en effet, de marges de manœuvre limitées pour exercer leur métier dans des conditions garantissant leur indépendance et leur professionnalisme.
Le syndicat lance ainsi un avertissement sans détour : « sans réforme sociale immédiate, l’information professionnelle va finir par s’effondrer totalement au Togo. » Au-delà de la célébration de ses quinze années d’existence, le SYNJIT fait donc de cet anniversaire une tribune pour interpeller les pouvoirs publics, les patrons de presse et l’ensemble des acteurs du secteur. Pour le syndicat, l’amélioration des conditions de travail et la protection sociale des journalistes ne constituent plus une revendication secondaire, mais une condition essentielle à la survie d’un journalisme privé professionnel, indépendant et durable au Togo.
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