Xénophobie en Afrique du Sud anti-Noirs: Salif Keïta joint sa voix aux dénonciations avec cette attitude

Afriquinfos Editeur
3 Min de Lecture
Le Chanteur malien Salif Keita (DR-Connais-tu l'Afrique).

Bamako (© 2026 Afriquinfos)- Le chanteur et compositeur malien Salif Keïta a annoncé l’annulation de ses concerts prévus en Afrique du Sud, en réaction aux violences xénophobes visant des ressortissants africains dans ce pays.

« Je ne peux pas ignorer les rapports sur les violences xénophobes contre nos frères et sœurs africains », a indiqué l’artiste dans un communiqué publié sur sa page Facebook, ajoutant que la situation l’avait conduit à prendre la « décision douloureuse » d’annuler ses spectacles commerciaux prévus en Afrique du Sud.

Salif Keïta, qui n’a pas précisé les dates ni les lieux des concerts concernés, a souligné que sa décision ne constituait pas un rejet de la population sud-africaine, rappelant avoir toujours été accueilli dans ce pays « comme un frère, pas seulement un artiste ».

L’artiste malien a expliqué vouloir, par cette décision, fermer « la porte sur la haine, pas sur les gens », exprimant sa solidarité avec les migrants africains victimes d’attaques.

« Quand je vois des migrants attaqués, je ne vois pas +politique+. Je vois des gens à la recherche d’emploi, de sécurité et de dignité », a-t-il relevé, estimant que ces violences ne correspondent pas à l’Afrique du Sud qu’il connaît.

Âgé de 76 ans et fort de plus de 50 ans de carrière, Salif Keïta continue de se produire sur les scènes internationales, avec par ailleurs des dates plus espacées pour des raisons médicales.

La chanteuse et compositrice sud-africaine Tyla a retiré fin juillet de sa tournée un concert prévu au Nigeria, dans un contexte de différend diplomatique entre ce pays et l’Afrique du Sud lié aux violences xénophobes.

L’Afrique du Sud, première économie du continent, est depuis longtemps une destination pour les travailleurs africains, en situation régulière ou sans papiers. Mais, confronté à un taux de chômage supérieur à 30 %, le pays a connu des vagues répétées de manifestations xénophobes et anti-migrants, parfois meurtrières.

Plus de 160 000 personnes ont quitté l’Afrique du Sud depuis fin mai, selon un décompte de l’AFP établi à partir des chiffres communiqués par les gouvernements africains ayant organisé des rapatriements, dont environ 1 500 Nigérians.

Afriquinfos