Tchad/Survivance de Boko Haram: Et si la solution provenait de la fin de l’anomie dans la Province du Lac?

Au Tchad comme dans les autres pays couverts par le bassin du Lac sus-mentionné, plusieurs pans de territoires sont sujets à l'anomie. Le pouvoir central y exerce très peu de contrôle.

Afriquinfos Editeur
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Des soldats patrouillent en bateau sur le lac Tchad depuis une base militaire située dans la Province du lac, le 6 mai 2026 au Tchad.
Des soldats patrouillent en bateau sur le lac Tchad depuis une base militaire située dans la Province du lac, le 6 mai 2026 au Tchad.

Le Gouvernement tchadien a décrété dans la soirée du 07 mai l’état d’urgence pour une « durée de vingt jours dans la province du Lac (ouest) », à la suite de deux attaques menées par des jihadistes de Boko Haram lundi et mercredi, 06 mai derniers. Attaques qui ont fait au moins 26 morts dans les rangs de l’Armée et plusieurs blessés. 

Des soldats patrouillent en bateau sur le lac Tchad depuis une base militaire située dans la Province du lac, le 6 mai 2026 au Tchad (photo AFP).
Des soldats patrouillent en bateau sur le lac Tchad depuis une base militaire située dans la Province du lac, le 6 mai 2026 au Tchad.

« Il est déclaré l’état d’urgence dans la province du Lac à compter du 7 mai 2026 à minuit jusqu’au 27 mai 2026 à minuit », est-il écrit dans le décret. Celui-ci prévoit également la fermeture des frontières et l’instauration d’un couvre-feu.

Dans une allocution diffusée à la Télévision nationale tchadienne dans la soirée de ce 07 mai, le porte-parole du Gouvernement, Gassim Chérif, a précisé que cette mesure permettait d’ »instaurer un couvre-feu, de procéder à des arrestations de personnes suspectes et à des détentions provisoires, d’interdire la circulation des personnes, des véhicules, des engins à deux roues et des hors-bords ».

Le Gouvernement tchadien avait décrété trois jours de deuil national dans la soirée du 06 mai, après une nouvelle attaque des jihadistes de Boko Haram ayant fait au moins deux morts dans l’Armée, toujours ce 06 mai dans le bassin du Lac Tchad.

Dans la soirée du 04 mai, une première attaque sur la Base militaire de Barka Tolorom avait fait au moins 24 morts dans les rangs de l’Armée. Et plusieurs blessés, selon une source militaire.

« Nous poursuivrons la lutte avec une détermination renouvelée, jusqu’à l’éradication totale de cette menace », avait assuré sur Facebook le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, en réaction à l’attaque du 04 mai.

Les soldats tchadiens sont fréquemment pris pour cible par Boko Haram dans la région du Lac Tchad, une vaste étendue d’eau et de marécages parsemée d’îlots, située entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad. Une zone qui s’est transformée depuis 2009 en bastion jihadiste abritant à la fois des combattants de Boko Haram et de son rival, le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).

 Ces derniers mois, il y a eu une recrudescence des attaques de JAS, une des factions de Boko Haram, avec des enlèvements et des attaques contre des postes avancés, notamment sur la rive nigérienne du lac et dans les zones insulaires. En octobre 2024, une attaque meurtrière de Boko Haram contre une base militaire du bassin du Lac Tchad avait fait une quarantaine de morts dans les rangs tchadiens.

 En réponse, le Président Déby avait déclenché l’opération ‘Haskanite’ pour « anéantir la capacité de nuisance de Boko Haram ». L’Armée tchadienne avait achevé sa contre-offensive en février 2025, assurant que le groupe jihadiste n’avait « plus aucun sanctuaire sur le territoire tchadien« . Au Tchad comme dans les autres pays couverts par le bassin du Lac sus-mentionné, plusieurs pans de territoires sont sujets à l’anomie. Le pouvoir central y exerce très peu de contrôle, avec des frontières poreuses, et des populations abandonnées à elles-mêmes depuis de longues années par des politiques publiques très peu orientées vers la déconcentration et la décentralisation. Du moins, dans la pratique.

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