Fin de la suspension du Cameroun par la Fifa, mais les maux demeurent

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Le bras de fer entre la Fifa et la Fecafoot aura duré près d’un mois. Le 3 juillet dernier, l’instance dirigée par Sepp Blatter suspendait l’ensemble du foot camerounais de toute compétition internationale, en réclamant la mise en place d’un Comité de normalisation. Une sorte de Comité ad hoc à qui est souvent confiée la mission de gérer les affaires courantes d’une Fédération et d’y faire le ménage, en attendant la mise en place de nouvelles structures dirigeantes, après une période de crise.

Au pays de Roger Milla, le ver est rentré dans le fruit à la Fecafoot lors du renouvellement des instances de cette Fédération le 19 juin 2013. Ces élections ont vu la reconduction du polémique président sortant, Mohammed Iya, alors même qu’il est poursuivi par la justice de sa terre natale et écroué pour des malversations financières présumées au sommet de la société productrice de coton du pays. Une base sur laquelle la Fifa a fait l’interprétation de  « l’ingérence du politique dans le foot » et qui a motivé sa sanction de début juillet. Une sanction précédée par l’invalidation de la réélection de Mohammed Iya. Ce 20 juillet 2013, le Comité de normalisation demandé a été mis en place ; il est rentré en fonction ce 22 juillet ; ce qui explique la levée de la mise au ban du Cameroun par la Fifa. Principal corollaire de ce retour du Cameroun dans la grande famille internationale du foot, les footballeurs camerounais vont pouvoir continuer trois compétitions panafricaines dans lesquelles elles sont engagées : la Champions League africaine, le Chan et les éliminatoires zone Afrique du Mondial 2014.

Le Comité de normalisation mis en place est censé passer la main en mars 2014, après de nouvelles élections à la Fecafoot, et surtout après avoir réformé le football camerounais, en le dotant de statuts actualisés. La paire de manche la plus rude des travaux de ce Comité sera la matérialisation des réformes opérées. Même en prison, M. Iya demeure un personnage phare du ballon rond et a prise sur les faits et gestes d’un certain nombre de membres du corps électoral camerounais. Par ailleurs, il sera difficile au Comité de normalisation de gommer la corruption dans les milieux footballistiques camerounais. Un mal qui ronge jusqu’aux os le foot dans cet Etat et qui l’empêche de peser de nouveau sur l’échiquier continental. La résolution de la longue crise du foot au Cameroun est dans ce sens plus une question d’hommes que de réformes.

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