Succession d’Antonio Guterres en 2026: Tentative de compréhension du désistement de Michelle Bachelet

Au-delà de sa propre candidature, Michelle Bachelet a réaffirmé son souhait de voir une femme accéder à la direction de l’Organisation des Nations unies.

Afriquinfos Editeur
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Succession d'Antonio Guterres en 2026: Tentative de compréhension du désistement de Michelle Bachelet
Michelle Bachelet (DR-Cooperativa).

New York (© 2026 Afriquinfos)-  L’ancienne Présidente chilienne Michelle Bachelet et ancienne première femme à occuper le poste de Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme (de 2018 à 2022), a annoncé ce 19 septembre 2026, sa décision de retirer sa candidature au poste de Secrétaire Générale des Nations Unies. Cette annonce intervient après un troisième sondage informel du Conseil de Sécurité marqué par un recul de son soutien. Elle assure toutefois ne pas regretter d’avoir engagé cette candidature et entend poursuivre son activité internationale.

’Aujourd’hui, j’annonce que j’ai décidé de ne pas poursuivre ma candidature au poste de Secrétaire général des Nations Unies’’, a-t-elle déclaré dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Sa décision intervient au lendemain du troisième sondage informel organisé au sein du Conseil de sécurité. Selon les résultats rapportés par plusieurs médias, Michelle Bachelet a obtenu 1 vote favorable, contre 11 votes défavorables et trois abstentions ou réponses sans opinion. Elle s’est ainsi retrouvée en septième position parmi les huit candidats encore en lice.

Lors du scrutin du 21 août, elle avait obtenu deux voix « encourage », six « discourage » et sept « no opinion », selon les résultats rapportés.

L’ancienne Cheffe de l’État chilienne a expliqué que sa décision s’inscrivait dans un contexte international marqué, selon elle, par des tensions autour du multilatéralisme et du droit international.

Un soutien du Chili retiré avec l’arrivée de José Antonio Kast

La candidature de Michelle Bachelet avait été officiellement présentée en février 2026 par le Chili sous le règne de l’ancien Président chilien Gabriel Boric, le Brésil et le Mexique. Le Chili sous la présidence de José Antonio Kast (depuis le 11 mars 2026) avait ensuite retiré avec  son soutien en mars, tandis que le Brésil et le Mexique avaient maintenu leur appui.

Malgré l’issue de sa candidature, Michelle Bachelet a défendu la démarche engagée et les principes qu’elle souhaitait porter dans le cadre de sa campagne. « Je ne regrette pas d’avoir relevé ce grand défi », a-t-elle affirmé, estimant que sa candidature avait contribué à inscrire dans le débat international la question de l’accession d’une femme latino-américaine à la tête des Nations unies. L’ancienne dirigeante chilienne a également expliqué que sa candidature s’inscrivait dans un contexte international marqué, selon elle, par des tensions autour du multilatéralisme, du droit international, du changement climatique, de la démocratie et des droits humains. « Je suis convaincue que c’était le moment d’élever la voix pour ces principes, qui ont été le drapeau de ma candidature », a-t-elle déclaré.

Michelle Bachelet a par ailleurs tenu à remercier les Présidents du Brésil et du Mexique, Luiz Inácio Lula da Silva et Claudia Sheinbaum, pour leur soutien à sa candidature. Elle leur a exprimé sa reconnaissance pour avoir soutenu sa démarche « depuis le premier jour avec générosité et conviction politique réelle ». Elle a également remercié l’ancien Président chilien Gabriel Boric, à l’origine du coparrainage de sa candidature. La candidature de Bachelet avait été initialement portée par le Chili, avec le soutien du Mexique et du Brésil.

Au-delà de sa propre candidature, Michelle Bachelet a réaffirmé son souhait de voir une femme accéder à la direction de l’Organisation des Nations unies. « Je continue de croire que les Nations unies ont besoin et méritent d’être dirigées par une femme. Je soutiens fermement que le Secrétariat Général, après 80 ans d’existence, soit occupé par une femme d’Amérique latine», a-t-elle déclaré. Depuis la création de l’ONU, aucune femme n’a encore occupé le poste de Secrétaire Générale. Après le retrait de Bachelet, sept candidats restent officiellement dans la course, selon les informations disponibles au 20 septembre 2026.

Selon des sources diplomatiques, la Costaricienne Rebeca Grynspan est arrivée en tête, Mme Grynspan a obtenu neuf voix «encourageantes», cinq «défavorables» et une sans opinion. La Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett a recueilli huit voix favorables, six défavorables et une sans opinion. Le vote intervient avant l’ouverture de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, prévue cette semaine à New York.

Le processus de sélection se poursuit au Conseil de sécurité. Celui-ci doit recommander un candidat à l’Assemblée générale des Nations Unies, qui procédera ensuite à sa nomination. Le mandat d’António Guterres prend fin en décembre 2026.

Vignikpo Akpéné