Paris (© 2025 Afriquinfos)- Sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par son pays le Sénégal, le journaliste et directeur du groupe de presse « Avenir Communication », Madiambal Diagne, avait annoncé son intention de se présenter à la justice de son pays. Il semble que l’heure de la riposte a sonné pour le proche de l’ex Chef d’Etat Macky Sall, qui par le biais de son collectif d’avocats dénonce une « chasse à l’homme injustifiée », l’arrestation illégale de ses proches et annonce la saisine d’Interpol aux fins de suspension et d’annulation de la notice rouge demandée à son encontre. Madiambal Diagne a également reçu le soutien de l’Union internationale de la Presse francophone (UPF), dont il le président honoraire.
Dans un communiqué du collectif de défense des avocats de Madiambal Diagne, les Conseils du journaliste et homme d’affaires reviennent sur les circonstances de sa sortie du pays pour disent-ils : « mieux organiser sa défense et éviter d’être pris à revers ». Ils estiment d’entrée, que les arrestations et le placement sous mandat de dépôt « précipité prononcé par le Juge d’Instruction, malgré les contestations sérieuses élevées par leurs conseils » de Mme Mabintou Diaby, Messieurs Serigne Saliou Diagne et Mohamed Diagne, respectivement épouse et fils de Monsieur Madiambalba Diagne, traduisent « la volonté politique (et judiciaire) qui transparait en filigrane dans cette affaire. »
Les emprisonnements de ces proches n’ont pour « visée que de mettre aux arrêts Monsieur Madiambalba Diagne qui a toujours assumé sa proximité avec l’ancien Président de la République du Sénégal, Monsieur Macky Sall. Monsieur Diagne a toujours assumé ses prises de positions, qu’elles soient populaires ou pas. Son franc-parler est dirigé envers toute la classe politique, quel que soit le bord considéré » soutient le collectif d’avocats. C’est cette posture qui « lui vaut principalement la chasse à l’homme injustifiée dont il fait actuellement l’objet. »
Pour expliquer sa sortie du pays et sa présence actuelle en France, le collectif d’avocats indique que Madiambalba Diagne devait se rendre à Paris pour raisons professionnelles, le 23 septembre 2025, mais a été interpellé à l’aéroport de Dakar et empêché d’embarquer. Dans la foulée, « une convocation aux services de la Division des Investigations Criminelles lui a été remise dans des circonstances qui révèlent tout le tâtonnement procédural de ces poursuites. Craignant légitimement une aggravation de la persécution initiée contre lui, Monsieur Madiambalba Diagne n’a eu d’autre choix que de quitter le Sénégal et se replier en France, pour mieux organiser sa défense et éviter d’être pris à revers » précise le communiqué.
S’agissant du mandat d’arrêt international émis à son encontre, pour ses avocats, cela « traduit une instrumentalisation politique caricaturale de l’autorité judiciaire sénégalaise » qui annoncent avoir « immédiatement saisi INTERPOL d’une demande aux fins de suspension et d’annulation de la notice rouge demandée, à supposer qu’elle soit accordée, tant le caractère politique de cette procédure doit sauter aux yeux de tous. »
Indiquant que « l’utilisation évidente de la famille de Monsieur Madiambalba DIAGNE comme moyen de pression, au travers de leur détention totalement injustifiée, ne doit faire l’objet d’aucun doute », le collectif de défense en appelle aux grandes organisations professionnelles de défense des journalistes, aux différentes institutions internationales qu’il va saisir, pour que la libération de, de Madame Mabintou Diaby, de Monsieur Serigne Saliou Diagne et de Monsieur Mohamed Diagne intervienne sans délai et pour que cesse cette vendetta menée à l’encontre de Monsieur Madiambalba Diagne et de sa famille.
Un appel auquel l’Union internationale de la Presse francophone (UPF), à travers un communiqué en date du 9 octobre 2025. Dans sa note, l’UPF, « exprime sa vive préoccupation face à l’émission d’un mandat d’arrêt international contre M. Madiambal Diagne, journaliste et président honoraire de l’UPF ».Pour la plus ancienne association francophone de journalistes, « cet acte s’inscrit dans le cadre d’une persécution persistante, marquée depuis de longs mois par des pressions, intimidations et procédures judiciaires exercées à son encontre par les autorités sénégalaises. L’UPF considère que cette décision traduit une volonté manifeste de réduire au silence une voix critique et indépendante, en violation des principes de liberté d’expression ». L’UPF « appelle les autorités compétentes à garantir un traitement juste et équitable de cette affaire, et invite les organisations internationales, ainsi que l’ensemble des défenseurs de la liberté d’expression, à rester mobilisés face à cet acharnement ».
Boniface T.


