Des combats d’ampleur étaient en cours ce 25 avril à la périphérie de la capitale malienne, Bamako, et dans plusieurs villes importantes du pays entre l’Armée malienne et des « groupes terroristes » ayant mené des attaques coordonnées, les rebelles touareg maliens revendiquant la prise de contrôle de la ville-clé de Kidal.
Le Mali, pays sahélien (3è Etat le plus vaste d’Afrique occidentale) dirigé par une Transition depuis aout 2020, est en proie depuis plus d’une décennie aux conflits et aux violences jihadistes, mais il s’agit des attaques les plus sérieuses contre le pouvoir Goïta par les jihadistes et la rébellion touareg du FLA (Front de Libération de l’Azawad) depuis des années.
En septembre 2024, les jihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) avaient revendiqué une double attaque d’une rare ampleur contre l’Aéroport militaire de Bamako et contre l’Ecole de Gendarmerie, qui avait fait plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires du pays.
Dans l’après-midi de ce 25 avril, les combats entre l’Armée et les assaillants, entamés à l’aube, se poursuivaient intensément en périphérie de Bamako et dans plusieurs villes, en particulier à Kidal, bastion historique des groupes armés indépendantistes dans le nord. La rébellion touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) a revendiqué sa prise de contrôle.
– « Vaste offensive » inédite –
Kidal avait été reprise en novembre 2023 par l’Armée malienne, appuyée par des combattants du Groupe paramilitaire russe Wagner, mettant fin à plus d’une décennie de contrôle par des groupes rebelles. Dans l’après-midi de ce 25 avril, à Bamako, des hélicoptères – qui ont mené des frappes aériennes dans la matinée – tournaient toujours au-dessus de la capitale dans les environs de l’aéroport, a constaté un journaliste de l’AFP. Alors que les rues étaient restées désertes depuis le matin, des passants commençaient à sortir peu à peu pour observer la situation.
Plusieurs artères de la capitale menant à des infrastructures militaires, à l’aéroport et au Palais présidentiel de Koulouba ont été bouclées par les Forces de sécurité. « Nous faisons face à une vaste offensive coordonnée dans tout le pays à un niveau inédit depuis 2012, lorsque le Gouvernement a perdu la moitié du pays. (Il y a eu de ) graves défaillances de sécurité à Bamako« , a commenté auprès de l’AFP Charlie Werb, analyste du Cabinet de Conseil ATC (Aldebaran Threat Consultants).
Le FLA revendique en outre avoir pris le contrôle de plusieurs positions dans la région de Gao (nord), selon des déclarations publiées sur les réseaux sociaux. Dans des messages sur X, son Porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane, indique que « plusieurs positions sont déjà passées sous le contrôle des Forces de l’Azawad », ajoutant que celles-ci « poursuivent leur progression à l’intérieur de la ville » de Kidal.
Des vidéos circulant sur internet montrent des éléments présentés comme appartenant au FLA à Kidal, mais leur authenticité n’était pas vérifiable dans l’immédiat, de source indépendante. Des tirs se poursuivaient également, mais de manière plus espacée, samedi après-midi dans la ville voisine de Bamako, Kati, qui abrite la résidence du général Assimi Goïta, tandis qu’une attaque a aussi eu lieu à Sévaré (centre), selon un journaliste de l’AFP et des résidents. Sur les réseaux sociaux, des habitants de Kati et de la zone aéroportuaire ont publié des images de leurs maisons détruites par les déflagrations. Aucun bilan de victimes n’était disponible dans l’immédiat.
Le Bureau des Affaires africaines des États-Unis a présenté ses « condoléances les plus sincères aux victimes et à leurs familles« , et condamné « fermement l’attaque terroriste de ce 25 avril au Mali« .
© Afriquinfos & Agence France-Presse



