Antananarivo (© 2025 Afriquinfos)- Le Gouvernement malgache a annoncé, samedi 1er novembre, sa décision de renoncer à la présidence tournante de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), une fonction exercée depuis moins de trois mois. Une mesure qui traduit la volonté du nouveau régime de concentrer ses efforts sur le processus de «Refondation» nationale engagé à la suite du soulèvement populaire de septembre-octobre 2025.
Dans un communiqué publié ce 1er novembre, les autorités malgaches ont précisé que cette décision découle de «l’évolution du contexte politique national» et de la nécessité de mobiliser toutes les ressources du pays autour du redressement institutionnel et socio-économique. Elle s’appuie sur la décision de la Haute Cour constitutionnelle du 14 octobre 2025, qui a constaté la vacance du pouvoir.
Madagascar avait pris la présidence de la SADC le 17 août dernier, à l’issue du 45e Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement tenu sous l’administration du président Andry Rajoelina. Quelques jours après, un soulèvement populaire conduit par la jeunesse malgache avait entraîné la chute du régime et ouvert la voie à une transition politique.
Le colonel Michaël Randrianirina, investi Président de la Refondation de la République de Madagascar le 17 octobre à la Haute Cour constitutionnelle d’Ambohidahy, a placé la réforme des institutions, la cohésion nationale et la stabilité durable au cœur de son mandat.
Selon le communiqué, ces priorités «répondent à la volonté exprimée par le peuple malgache » et requièrent «une mobilisation totale du Gouvernement», incompatible avec les obligations liées à la présidence de la SADC. Le Chef de l’État malgache a insisté sur la légitimité du processus en cours, affirmant qu’«aucune violence n’a été commise, aucun palais attaqué», rejetant ainsi toute accusation de coup d’État. Il a également nommé un Premier ministre civil et constitué un gouvernement de 29 ministres.
Aucun scrutin anticipé n’est prévu à ce stade. Les nouvelles autorités souhaitent d’abord réformer la Commission électorale nationale et assainir les listes électorales avant d’envisager de nouvelles élections.
Malgré cette renonciation, Antananarivo réaffirme son attachement à la SADC et à ses idéaux d’unité régionale, et poursuit ainsi sa coopération avec les 15 autres États membres de la SADC, tout en plaçant la consolidation interne au centre de son action gouvernementale.
«Ce choix ne remet nullement en cause l’engagement de Madagascar envers la SADC et ses valeurs fondatrices», souligne la Présidence de la Refondation, précisant que le pays continuera à « œuvrer de concert avec ses partenaires pour une Afrique australe intégrée et prospère». Ancien gouverneur et officier formé à l’Académie militaire d’Antsirabe, le colonel Randrianirina, originaire du sud du pays, affirme vouloir conduire une «refondation en profondeur» de la République «dans la légalité et sans précipitation».
Il a promis des changements radicaux et de nouvelles élections dans ce pays où la colère suscitée par les coupures d’électricité chroniques a déclenché fin septembre des manifestations qui s’étaient transformées en un puissant mouvement antigouvernemental.
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