Antalya (© 2026 Afriquinfos)- L’Afrique était représentée au 5e Forum de la Diplomatie d’Antalya tenu en Turquie du 17 au 19 avril 2026, et organisé par le ministère des Affaires étrangères de la République de Turquie, sous les auspices du président Recep Tayyip Erdoğan. Parmi les différents pays du continents représentés, on comptait les pays de l’AES, la RDC, l’Algérie.
Le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est intervenu dans un panel organisé en marge de ce rendez-vous diplomatique autour du ‘’rôle de l’appropriation régionale dans un monde en transformation’’.
Dans son exposé, Félix Tshisekedi a appelé à une refondation du multilatéralisme fondée sur les dynamiques régionales. Selon lui, l’appropriation régionale présente l’avantage d’offrir une plus grande rapidité et réactivité en temps de crise, tout en créant de nombreuses opportunités d’intégration économique.
« Je dirais que l’appropriation régionale, pour moi constitue un élément très essentiel dans la stabilité du monde actuellement. Évidemment, le multilatéralisme a montré ses limites mais je ne pense pas qu’il soit venu le temps de balayer ce multilatéralisme, nous en avons besoin mais simplement il faut le rebâtir, il faut le refonder à partir des régions parce que l’appropriation régionale a l’avantage d’avoir une sorte de rapidité, de réactivité en temps de crise mais également il offre beaucoup d’opportunités d’intégration économique qui feront que par cette intégration économique toute la région va trouver des raisons de vivre en paix afin de protéger ses intérêts« , a déclaré le Président Félix Tshisekedi lors de son intervention.
En outre, Félix Tshisekedi a évoqué le projet du corridor de Lobito, précisant que les problèmes traités au niveau régional bénéficient d’une attention particulière, contrairement à ceux gérés en dehors des régions.
« Je fais allusion par exemple au grand projet qui nous intéresse tous en ce moment dans la région d’Afrique central il s’agit du Corridor de Lobito qui est ce corridor d’intégration économique qui nous fera, nous permettra d’évacuer toutes nos productions vers des centres de consommation sur d’autres continents et celà démontre évidemment un intérêt que tous ces pays ont à vivre en paix, stable et en tenant compte évidemment des intérêts de chacun, c’est très important d’aller sur cette voie d’intégration régionale parce qu’elle permet d’aborder les problèmes en connaissance des causes, dans la région les pays généralement vivent ensemble, se connaissent, il y a une approche humaine et culturelle qui fait que les problèmes peuvent être abordés de manière sereine et en cherchant des solutions plus appropriées« , a souligné le Président Félix Tshisekedi.
Pour le président de la RDC, le multilatéralisme présente parfois une certaine distance et une inefficacité dans l’approche et le règlement de certains dossiers, d’où sa position en faveur de l’appropriation régionale afin de renforcer ce même multilatéralisme.
« Lorsque ces problèmes sont regardés par le multilatéralisme on sent une certaine distance et une certaine inefficacité à les aborder, à les régler comme tel, je pense que l’appropriation régionale est une opportunité essentielle qui permettrait au multilatéralisme de se conforter et bien évidemment il faut établir les mécanismes qu’il faut et surtout garder l’influence du multilatéralisme mais en créant des attaches, des liens avec les communautés économiques régionales« , a ajouté M. Félix Tshisekedi.
L’Algérie mobilisée en faveur des refugiés
Le Ministre des Affaires étrangères de l’Algérie, Ahmed Attaf, a pour sa part multiplié les rencontres bilatérales en marge de sa participation au Forum diplomatique d’Antalya, notamment avec le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Barham Salih, indique un communiqué du ministère.
À cette occasion, il lui a adressé ses félicitations pour sa prise de fonctions et a réaffirmé le soutien de l’Algérie à son action. Les deux parties ont passé en revue les axes de coopération entre l’Algérie et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, notamment les programmes destinés aux réfugiés sahraouis, ainsi que les défis croissants auxquels fait face l’agence onusienne.
M. Attaf a également eu des entretiens bilatéraux avec le Secrétaire général de la Ligue des États arabes, Ahmed Aboul Gheit. Ces entretiens ont permis un échange approfondi de points de vue et d’analyses sur la situation actuelle dans le monde arabe, notamment au Moyen-Orient et dans la région du Golfe. Les deux parties ont également abordé les perspectives de développement du système d’action arabe commune, afin de lui permettre de faire face de manière optimale aux défis croissants auxquels est confrontée la région arabe.
Les échanges s’ajoutent à la rencontre de M. Attaf avec le conseiller américain chargé de l’Afrique et du Moyen-Orient, Massad Boulos, souligne le ministère des affaires étrangères.
Les pays du Sahel s’expriment autour de leur retrait de la CEDEAO
Le Ministre des Affaires étrangères de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, a co-animé un panel le 12 avril, aux côtés de ses deux homologues de la Confédération des Etats du Sahel.
‘’Sahel : le futur de l’intégration régionale’’, est le thème de ce panel qui a permis aux Ministres Karamoko Jean Marie TRAORE, Abdoulaye DIOP et Bakary Yaou SANGARE, d’entretenir le public fortement mobilisé, sur les motifs du retrait des trois pays de la CEDEAO, la vision de l’espace confédéral, ainsi que les politiques en cours et les perspectives pour répondre aux besoins réels des populations de cet espace.
Sur les motifs de la création de l’AES et de la sortie de la CEDEAO, ils ont indiqué que le Burkina Faso le Mali et le Niger ont voulu par cette décision, faire face à une menace existentielle et promouvoir l’intégration véritable et le développement économique, à traves plus de solidarité, plus de coopération, et plus de soutien mutuel.
Dans une circonstance triste du fait de l’insécurité, les trois pays ont donc pris conscience de la nécessité d’évaluer leurs faiblesses et leurs capacités, et travailler à donner de bonnes perspectives à leurs populations tant au plan sécuritaire qu’au plan socio-économique, à travers notamment des initiatives endogènes. Les sanctions de l’Union africaine contre les pays de l’AES étaient également invitées au débat.
La 5e édition du Forum diplomatique d’Antalya (ADF 2026) réunit des dirigeants, des décideurs politiques, des diplomates, des universitaires, des experts du monde des affaires, ainsi que des représentants des médias et de la société civile, afin d’examiner les meilleures façons de gérer les incertitudes et de répondre aux enjeux les plus urgents, tout en se préparant aux défis futurs.
À travers des conférences plénières, des tables rondes, des ateliers interactifs et des rencontres bilatérales, les participants abordent les tendances mondiales et les dynamiques régionales, échangent leurs points de vue sur les solutions possibles et partagent les meilleures pratiques.
Ces assises axées autour du thème : « Cartographier l’avenir, gérer les incertitudes « se sont tenues dans un contexte de tensions géopolitiques, de bouleversements des rapports de force, de montée des barrières commerciales. Une réception dédiée à l’Afrique était organisée en marge du forum.
V. A.



