Lomé (© 2026 Afriquinfos)- ‘’En Afrique de l’Ouest, le redressement macroéconomique enregistré en 2025 est encourageant, toutefois la reprise demeure fragile et insuffisamment inclusive. La priorité consiste désormais à préserver ces acquis, tout en veillant à ce que l’amélioration des performances économiques se traduise par des emplois productifs, une hausse des revenus et de meilleures conditions de vie’’, a souligné le Dr Joseph Kwadwo Asenso, Chef de la Division de la recherche et des études macroéconomiques de la BIDC.
Ce dernier s’est exprimé dans l’édition 2026 du West African Development Outlook (WADO), le rapport annuel de référence de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC).
Intitulé « Turbulences lointaines, Chocs familiers » et publié ce 7 juillet 2026, le rapport constate que l’Afrique de l’Ouest a abordé l’année 2026 avec des positions budgétaire et extérieure renforcées, même si la persistance de la pauvreté parmi les travailleurs et les nouvelles pressions mondiales pourraient compromettre les progrès récemment accomplis.
La BIDC dans son document consacré aux performances économiques de la région, à ses perspectives et aux principaux risques auxquels elle est confrontée, analyse entre-autres, les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les économies ouest-africaines, notamment à travers la hausse des prix de l’énergie et des engrais, les pressions inflationnistes, la dépréciation des monnaies et l’augmentation des coûts d’importation. Ces effets font écho aux chocs provoqués par la pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine et pourraient fragiliser les avancées enregistrées en 2025.
D’après la même source, l’Afrique de l’Ouest a connu un redressement macroéconomique significatif en 2025 :
• Le PIB régional a progressé de 4,8 %, contre 4,7 % en 2024 ;
• L’inflation moyenne a reculé de 25,3 % à 16,8 % ;
• Le déficit budgétaire s’est réduit, passant de 3,7 % à 2,6 % du PIB ;
• La dette publique a diminué, passant de 55,3 % à 49,3 % du PIB.
La croissance devrait rester résiliente, à 4,7 % en 2026 et 4,9 % en 2027, tandis que l’inflation et la dette publique devraient poursuivre leur baisse. Toutefois, les dérapages budgétaires, l’insécurité alimentaire, les pressions sur les taux de change, les coupures d’électricité et un regain de l’inflation demeurent des risques majeurs.
Dans ce contexte, le Dr George Agyekum Donkor, Président de la BIDC et de son Conseil d’administration, souligne l’importance de dépasser les réponses à court terme et de renforcer les capacités régionales de production :
« Au-delà des interventions budgétaires à court terme des gouvernements, il est impératif de réfléchir attentivement au développement de capacités locales de raffinage du pétrole brut, de production d’engrais et de production alimentaire, afin de garantir une souveraineté à moyen et long terme. Après tout, les chocs sont appelés à perdurer. »
Créée en 1975 et basée à Lomé, au Togo, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) est l’institution de financement du développement des quinze États d’Afrique de l’Ouest. Sa connaissance approfondie de l’environnement local, son expérience avérée et son mandat élargi constituent des avantages concurrentiels majeurs, notamment pour accéder à des projets stratégiques dans la région ouest-africaine.
La Banque s’engage à financer des projets et programmes de développement couvrant différents domaines, notamment les infrastructures et les services essentiels, le développement rural et l’environnement, l’industrie ainsi que les services sociaux, à travers ses guichets dédiés aux secteurs public et privé. La BIDC intervient au moyen de prêts à long, moyen et court terme, de prises de participation, de lignes de crédit, d’opérations de refinancement, d’ingénierie financière et de services connexes.
Vignikpo Akpéné



