Réouverture de la frontière terrestre Bénin-Niger: Dernière ligne droite actée avec ces mesures communes

Afriquinfos Editeur
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Les Présidents Tiani et Wadagni (DR)

Cotonou (© 2026 Afriquinfos)- La réouverture de la frontière terrestre Bénin-Niger ne devrait être qu’une question de temps. Les deux pays voisins ont au terme de deux jours de concertations à Cotonou (20-21 juin), annoncé des avancées significatives sur plusieurs dossiers sensibles, notamment la sécurité, le transit des marchandises et la coopération bilatérale, dans un contexte de réchauffement des relations entre eux.

Niamey et Cotonou ont franchi une étape décisive dans leur processus de rapprochement en parvenant à des accords de principe sur les volets sécuritaire, économique et juridique à l’issue de 48 heures de discussions à Cotonou, ouvrant la voie à une réouverture prochaine de leur frontière commune et à une relance de la coopération bilatérale.

Ces avancées concrétisent les consultations engagées vendredi dans la capitale économique béninoise par le ministre d’État nigérien chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, le général de division Mohamed Toumba, à la tête d’une importante délégation nigérienne.

Au terme des échanges, les deux parties ont annoncé s’être entendues sur plusieurs principes portant notamment sur la coopération sécuritaire, l’exonération des taxes sur le transit, l’interdiction de la mise en consommation de certaines marchandises, la révision de diverses charges ainsi que le règlement des contentieux en suspens.

« Nous avons verrouillé la priorité sécuritaire. Nous avons également jeté les bases d’une normalisation économique et juridique », a déclaré le général Toumba, saluant le choix du dialogue pour créer « de la valeur pour nos économies, de la sécurité pour nos populations et de l’espoir pour notre jeunesse ».

Du côté béninois, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Oleshegun Adjadi Bakari, a estimé que les deux délégations étaient parvenues à restaurer un climat de confiance.

‘’Après 48 heures passées ensemble, nous formons une seule délégation avec un seul objectif : refaire naître cet amour et ce lien séculaire entre nos deux peuples’’, a-t-il affirmé.

Les conclusions des discussions doivent encore être soumises à l’approbation des autorités des deux pays avant leur entrée en vigueur.

Ces accords s’inscrivent dans le prolongement de la dynamique enclenchée le 2 juin à Niamey lors de la rencontre entre le président béninois Romuald Wadagni et le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani. Ils interviennent également quelques jours après l’annonce de « résultats fructueux » obtenus par le comité d’experts bénino-nigérien chargé d’examiner les conditions de réouverture de la frontière fermée depuis près de trois ans.

Des exigences de Niamey

Si les deux parties ont affiché leur volonté de faire avancer le processus, la délégation nigérienne a néanmoins insisté sur plusieurs questions jugées essentielles. Le chef de la délégation du Niger, le général de division Mohammed Toumba, a rappelé les préoccupations de son pays en matière de sécurité.  Il a notamment évoqué la nécessité de parvenir à un accord de défense et de sécurité entre les deux États, fondé sur le principe de non-utilisation du territoire de l’un contre l’autre et sur un renforcement de la coopération en matière de renseignement. Il a également insisté sur la question de la transparence concernant les dispositifs militaires étrangers présents à proximité de la frontière commune.

À la clôture de la rencontre, Mohammed Toumba a indiqué que les deux délégations avaient réussi à ‘’ verrouiller la priorité sécuritaire’’ tout en jetant ‘’les bases d’une normalisation économique et juridique’’.

Du côté béninois, les perspectives ont également été jugées encourageantes. A la tête de la délégation béninoise, Olushegun Adjadi Bakari, le ministre en charge de l’Intégration africaine a exprimé son espoir de voir les conclusions des travaux rapidement validées afin de permettre leur mise en œuvre au bénéfice des populations des deux Etats.

Au-delà de la question frontalière, les deux pays entendent relancer leur commission mixte de coopération et renforcer leur coordination dans la lutte contre le terrorisme et le banditisme dans les zones frontalières.

La visite du général Mohamed Toumba apparaît ainsi comme l’un des développements les plus concrets enregistrés depuis le rapprochement amorcé entre Niamey et Cotonou, tandis qu’une visite de réciprocité du général Abdourahamane Tiani au Bénin demeure à l’étude par les voies diplomatiques.

V.A.