Referendum 2025 en Guinée: Opposition et pouvoir de Transition en batailles très rangées

Afriquinfos Editeur
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Colonel Doumbouya (DR-Présidence de la République Guinéenne)

Conakry (© 2025 Afriquinfos)- Le projet de nouvelle Constitution, qui doit mettre fin à la transition politique depuis que le général Doumbouya a pris le pouvoir, en 2021, sera soumis le 21 septembre au vote des quelque 6,7 millions d’électeurs. La campagne pour le référendum s’ouvrira dimanche 7 septembre sans opposition : les médias du pays ont reçu l’interdiction de donner la parole aux principaux partis politiques qui ont été suspendus ou dissous.

Depuis son avènement, la junte dirigée par le général Mamadi Doumbouya a multiplié les restrictions contre les libertés dans le pays. Elle a interdit depuis 2022 toute manifestation et a fait arrêter, poursuivi ou poussé à l’exil de nombreux opposants.

Dernière mesure en date : la suspension, le 23 août pour trois mois, des trois principaux partis d’opposition, dont le Rassemblement du peuple de Guinée (ancienne formation au pouvoir), accusés par la junte de n’avoir « pas satisfait à leurs obligations », notamment celles de s’abstenir de « tenir des manifestations ou tout acte de propagande politique ». Plusieurs dizaines de partis ont déjà été suspendus ou dissous ces derniers mois par les militaires, qui invoquent la nécessité d’« assainir l’échiquier politique ».

Lors d’une rencontre avec la presse jeudi, le président de la Haute Autorité de la communication (HAC) de Guinée, Boubacar Yacine Diallo, a affirmé que les médias « ne doivent pas donner la parole aux partis politiques et structures en conflit avec la loi, qui sont interdits de fonctionner ». Le faire serait « une infraction », a-t-il prévenu.

Cette interdiction survient à quelques jours du début de la campagne, dimanche, pour le référendum convoqué par le général Mamadi Doumbouya, censé ouvrir la voie à un retour à l’ordre constitutionnel.

Les dispositions de ce texte ne permettent pas de savoir de manière explicite si le général Doumbouya pourra ou non se présenter à une future élection présidentielle, mais tout semble indiquer qu’il sera candidat.

Depuis 2022, les membres du gouvernement et soutiens de la junte multiplient les appels à une candidature de M. Doumbouya, bien que celui-ci avait promis de ne pas se présenter et de rendre le pouvoir à des civils.

Un appel à manifester de l’opposition

L’opposition, qui l’accuse de vouloir confisquer le pouvoir à l’aide du référendum, a appelé à manifester à partir du 5 septembre. Le président du parti Bloc libéral, Faya Millimouno, l’une des rares voix à oser encore critiquer la junte, a dénoncé une mesure « très grave » devant la presse vendredi. La HAC doit « observer une minute de silence à la mémoire de la liberté de presse qu’elle a contribué à tuer », a-t-il fustigé.

Dans un communiqué diffusé jeudi soir, le Forum des forces sociales de Guinée (FFSG), une coalition d’une quarantaine d’organisations de la société civile guinéenne, a réclamé le report du référendum, estimant le processus « mal préparé » et « clivant » et dénonçant la répression de l’opposition par la junte. Le FFSG a notamment invoqué « l’absence d’un fichier électoral certifié », le refus des dirigeants de l’opposition de se faire recenser et « l’absorption absolue » de l’organe de gestion des élections par le ministère de l’administration territoriale.

Dans un message lu à la télévision nationale samedi 30 août, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, a averti ceux qui « appellent à des manifestations susceptibles de compromettre la stabilité ».

« La démocratie doit être un jeu d’idées et de propositions et non un prétexte à la violence », a-t-il insisté, avant d’annoncer que « la sécurisation de ce vote référendaire est une priorité absolue ». « Police et gendarmerie agiront de concert (…) pour le bon déroulement du processus référendaire », a-t-il ajouté. 

Le MATD a publié le 28 août 2025 les chiffres définitifs du fichier : 6.768 458 inscrits, 16.702 centres de vote et 23.662 bureaux de vote sur l’ensemble du territoire.

Ces chiffres sont contestés par des opposants. Dans un entretien à guinee360 (suspendu depuis le 1er septembre par la HAC), le président du Bloc libéral, Faya Millimouno, a rejeté des chiffres « biaisés » et exigé un audit indépendant.

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