RDC : Portée et sens du retrait officiel de troupes sud-africaines d’ici fin 2026 

Afriquinfos Editeur
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Des soldats sud-africains de ma mission onusienne en RDC (DR, Great Lake Eye)

Pretoria (© 2026 Afriquinfos)- La Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) va devoir faire sans les troupes sud-africaines d’ici la fin 2026. Pretoria a informé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres de son intention de retirer sa contribution de soldats à la mission onusienne.

Pretoria a officiellement annoncé le retrait de ses troupes de la MONUSCO.  Dans son courrier adressé au Secrétariat général des Nations Unies, la Présidence sud-africaine a indiqué que la décision de rapatrier ses derniers Casques bleus a été motivée par la nécessité de « consolider et réajuster les ressources des forces de défense d’Afrique du Sud », après 27 ans de soutien aux efforts de maintien de la paix en RDC. Ce retrait se fera de façon progressive et s’achèvera avant la fin de l’année 2026. Selon l’ONU, quelque 700 soldats sud-africains participent au contingent militaire de la Monusco, qui comptait encore, en octobre 2025, environ 12 500 hommes.

Cette décision majeure des autorités sud-africaines n’a pas été prise à la légère. Elle fait suite à des pressions croissantes pesant sur la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF). Des analystes y voient en outre le symptôme de difficultés structurelles plus profondes. Le sous-financement chronique, le vieillissement des équipements et la durée des déploiements extérieurs ont affaibli la préparation opérationnelle de la SANDF.

En réalité, la SANDF est plus que jamais au bord de l’effondrement, avec des finances faméliques, des troupes démotivées et des matériels hors d’âge ou mal entretenus. Moins de 20% de ses aéronefs sont en état de vol, par exemple, parce 68% du budget de la Défense vont aux soldes, une partie seulement du reste allant au MCO des équipements.

Pour ne rien arranger, l’armée sud-africaine subit des pertes sur le théâtre des opérations. Les appels à l’évacuation des soldats sud-africains de l’est de la RDC s’étaient multipliés dans le pays après la mort de 14 d’entre eux en janvier 2025, lors de l’attaque des rebelles du M23 contre Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu. La plupart appartenaient à la SamiRDC mais au moins deux faisaient partie de la Monusco.

Aussi, la décision de retrait de l’Afrique du Sud, si elle fragilise un peu plus la MONUSCO, déjà engagée dans un processus de réduction progressive de ses effectifs, répond donc à une stratégie dictée par des contraintes internes.

S.B.