Prix Nobel et Afrique: Quels sont les Etats africains les plus distingués par cette prestigieuse distinction?

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Navanethem « Navi » Pillay (DR-Ahmadou Atafa)

Oslo (© 2026 Afriquinfos)- L’Afrique vient une fois de plus d’arracher une place parmi les distingués du Prix Nobel de cette année avec la distinction de Navi Pillay. Juriste sud-africaine de 85 ans, elle a reçu le prix Nobel de la paix 2026 ce vendredi 9 octobre à Oslo pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international.

Depuis 1901, date de création du Prix Nobel, une vingtaine de personnalités représentant le continent ont obtenu le Prix Nobel de la Paix, pour leurs engagements dans différents domaines. Ces personnalités proviennent des pays suivants : Afrique du Sud, Egypte, Tunisie, Ghana, Nigeria, Tanzanie, Ethiopie, Libéria, Kenya, RDC.

Si quelques-uns ont été primés pour leurs recherches scientifiques et leurs travaux littéraires, beaucoup parmi eux ont été reconnus pour leur militantisme et leur combat pour la paix, la démocratie ou les droits humains.

Afrique du Sud, Egypte, Tunisie, Ghana

L’ Afrique du Sud est à ce jour l’État africain le plus distingué par le Prix Nobel avec 11 lauréats à son actif, dont Max Theiler (premier Africain à obtenir cette reconnaissance mondiale), Albert Luthuli, Desmond Tutu, Nelson Mandela et Frederik de Klerk pour la paix, Nadine Gordimer et JM Coetzee.  

S’en suit l’Égypte qui compte actuellement 4 lauréats du Prix Nobel : En 1978, le président égyptien Anouar el-Sadate entre dans l’Histoire en devenant, avec le Premier ministre israélien Menahem Begin, lauréat du prix Nobel de la paix. Il est récompensé pour son rôle dans la paix avec Israël (Accords de Camp David).

L’égyptien Naguib Mahfouz Premier écrivain arabe s’est vu décerné le Prix Nobel de littérature. Il a su faire du Caire un personnage à part entière de son œuvre.

Ses romans, dont la célèbre Trilogie du Caire, dressent un portrait social et moral d’une Égypte traversée par la modernité, la religion, la politique et les classes sociales.

Son écriture, à la fois réaliste et philosophique, capte les dilemmes d’une société en mutation. Mahfouz est souvent considéré comme le Balzac du monde arabe, un observateur lucide des contradictions de son temps.

En 2005, le Prix Nobel de la paix est attribué à l’Égyptien, juriste de formation et diplomate chevronné Mohamed el-Baradei et à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qu’il dirigeait depuis 1997. Il est alors salué pour ses efforts constants en faveur d’un monde libéré de la menace nucléaire.

Chef de l’AIEA, il fut récompensé pour ses efforts dans la diplomatie nucléaire et la non-prolifération.

Tunisie, Nobel de la Paix 2015)

En 2015, le Quartet du Dialogue national tunisien reçoit le prix Nobel de la paix pour avoir sorti la Tunisie du chaos post-révolutionnaire. Né en 2013, le Quartet rassemblait quatre piliers de la société.

Le tunisien Moungi G. Bawendi, de son nom complet Moungi Gabriel Bawendi, né le 15 mars 1961 à Paris, est un chimiste tunisien, français et américain. Professeur au Massachusetts Institute of Technology, il est l’un des pionniers de la recherche sur les boîtes quantiques et l’un des chimistes les plus cités du monde. Il est lauréat du prix Nobel de chimie 2023 pour ses découvertes aux côtés de Louis E. Brus et Alexeï Iekimov.

En 2001, le Prix Nobel de la paix est décerné conjointement à Kofi Annan et à l’Organisation des Nations unies (ONU). Mais au-delà de l’institution, c’est surtout la distinction d’un homme qui symbolise une diplomatie africaine apaisée, éthique et visionnaire.

Premier Secrétaire général de l’ONU issu de l’Afrique subsaharienne, un poste qu’il occupera de 1997 à 2006, Kofi Anna a incarné la diplomatie africaine sur la scène mondiale.

Kenya, Libéria, Ethiopie, RDC, Tanzanie, Nigeria

Pour une première fois, le Prix Nobel de la paix a été attribué à une africaine : la kenyane Wangari Muta Maathai, biologiste, militante écologiste et défenseure acharnée des droits humains.

Le comité Nobel a salué « sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix ».

Mais au Kenya, beaucoup la connaissaient déjà comme celle qui plantait des arbres pour sauver des vies. Son Green Belt Movement lie écologie, droits des femmes et justice sociale. Un modèle inspirant pour les mouvements environnementaux en Afrique.

Ellen Johnson Sirleaf – Leymah Gbowee (Libéria, Nobel de la Paix 2011). En 2011, le Prix Nobel de la paix consacre deux Libériennes aux parcours aussi différents que complémentaires. Ellen Johnson Sirleaf, Première femme élue Présidente d’un pays africain, et Leymah Gbowee, activiste et figure de la résistance pacifique.

Ensemble, elles ont incarné la lutte pour la paix, la justice et la réconciliation dans un Liberia ravagé par quatorze années de guerre civile.

Le Comité Nobel salua en elles deux symboles de la lutte pacifique pour la sécurité des femmes et leur participation pleine et entière aux processus de paix.

Lauréat du prix Nobel de la paix en 2018, le docteur Denis Mukwege, originaire de la République démocratique du Congo, est bien plus qu’un médecin : il est devenu le symbole mondial de la lutte contre les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre.

Gynécologue et fondateur de l’hôpital de Panzi à Bukavu, dans l’est de la RDC, Denis Mukwege soigne depuis la fin des années 1990 des milliers de femmes victimes de viols et de mutilations sexuelles commis par des groupes armés.

En 2019, le Prix Nobel de la paix est attribué au Premier Ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali, alors salué comme un réformateur audacieux et un artisan de la réconciliation dans la Corne de l’Afrique.

À peine un an après son arrivée au pouvoir, il avait réussi l’impensable : mettre fin à vingt ans d’hostilités entre l’Éthiopie et l’Érythrée, concluant un accord historique avec le président Issayas Afewerki.

Le Comité Nobel salua « ses efforts pour parvenir à la paix et à la coopération internationale » et son initiative pour « résoudre le conflit frontalier avec l’Érythrée ».

En 1986, le dramaturge, poète et essayiste nigérian Wole Soyinka devient le premier Africain noir à recevoir le prix Nobel de littérature. Ce couronnement marque une étape historique : pour la première fois, la voix littéraire d’un continent longtemps marginalisé est reconnue au sommet des lettres mondiales.

L’Académie suédoise a salué « un vaste univers culturel et poétique » et un écrivain qui, avec une rigueur inébranlable, explore la tragédie, la liberté et la condition humaine. Mais pour Soyinka, la littérature n’a jamais été un refuge : c’est une arme de combat intellectuel et moral.

Né à Zanzibar et exilé au Royaume-Uni depuis la fin des années 1960, Abdulrazak Gurnah est devenu, avec son Nobel, une voix majeure de la littérature postcoloniale africaine. Ses romans, dont Paradise (Paradis) ou Afterlives, évoquent l’exil, le déplacement et les traces du colonialisme sur les individus et les sociétés.

Le comité Nobel a salué « sa pénétration intransigeante et compatissante des effets du colonialisme et du destin du réfugié dans l’abîme entre cultures et continents ».

Son prix, inattendu pour le grand public, a permis de remettre en lumière la richesse de la littérature est-africaine et les questions d’appartenance dans un monde en migration permanente.

Le Prix Nobel reconnaît des individus ou organisations ayant contribué de façon exceptionnelle aux sciences, à l’économie, à la littérature ou à la paix.

Depuis sa création en 1901, une vingtaine d’Africains ont reçu cette distinction, toutes catégories confondues.

Mais c’est surtout le Nobel de la paix qui a mis en lumière les combats africains. La plupart des lauréats ont été distingués pour leur engagement en faveur de la paix, leur lutte pour la démocratie ou les droits humains.

Vignikpo Akpéné