Apports attendus de ‘l’Africa Credit Rating Agency’ à la notation des économies des Etats africains 

Afriquinfos Editeur
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Mahmoud Ali Youssef et le Président de l'île Maurice (DR-X)

Port-Louis (© 2026 Afriquinfos)- L’Union africaine dispose de sa première agence de notation de crédit du continent, l’AfCRA (Africa Credit Rating Agency), depuis ce 7 octobre. Lancée officiellement, à Port-Louis (Maurice), l’Agence de notation Afcra, ambitionne d’offrir une alternative souveraine au système proposé par les trois grandes agences de notation internationales, dont les évaluations ne font qu’alourdir le fardeau de la dette sur de nombreuses économies africaines.

Le lancement de l’Agence africaine de notation de crédit (#AfCRA) marque une étape historique importante vers le développement d’évaluations de crédit transparentes, indépendantes, crédibles et axées sur l’Afrique, qui reflètent mieux les réalités économiques et le potentiel d’investissement du continent, tout en répondant aux préoccupations de longue date concernant les biais structurels dans les évaluations de crédit mondiales.

‘’L’AfCRA notera les emprunteurs souverains, les institutions financières et les entreprises privées. Elle devrait accroître la couverture, 23 économies du continent ne disposant pas d’une notation de la part des trois grandes agences. L’indépendance sera garantie, le financement étant assuré par le capital des actionnaires et ses activités. La liste des actionnaires demeure, toutefois, inconnue’’, a affirmé Selma Malika Haddadi, Vice-présidente de la Commission de l’Union africaine à l’issue du lancement.

L’UA affirme que l’agence devrait aider à améliorer l’accès des pays africains aux marchés de capitaux et fournir aux investisseurs des évaluations plus équilibrées et adaptées au contexte des économies du continent. Le service annuel de la dette extérieure du continent a grimpé à 163 milliards de dollars en 2024, contre 61 milliards en 2010. Dans de nombreux pays, les paiements d’intérêts ont dépassé les budgets annuels de secteurs sociaux clés tels que la santé et l’éducation.

L’agence devrait être « structurée pour opérer de manière indépendante », indique la c (UNECA), qui souligne que son objectif sera d’apporter « une meilleure compréhension des économies, des marchés et du contexte local africains » tout en complétant « le travail des agences de notation internationales existantes ». Son mandat devrait quant à lui couvrir les entités souveraines et les entreprises du continent, y compris des segments du marché africain largement non notés.

Redorer le blason des économies africaines

Plus largement, le projet répond à un grief ancien. De fait, les évaluations des agences Moody’s, Fitch Ratings et S&P déterminent le coût auquel États et entreprises s’endettent sur les marchés obligataires. Or, nombre de dirigeants et économistes africains dénoncent une perception excessive du risque du continent et estiment que ces agences internationales prennent insuffisamment en compte les spécificités des économies africaines, entretenant ainsi une « prime de risque africaine ». À risque comparable, les pays du continent paieraient donc davantage pour emprunter. Selon une étude du PNUD de 2023, des notations davantage fondées sur les fondamentaux économiques auraient permis d’économiser jusqu’à 75 milliards de dollars d’intérêts.

L’Afcra n’aura aucun gouvernement africain à son capital, dont la composition reste à préciser. Des acteurs africains existent par ailleurs déjà, comme Bloomfield, Agusto & Co (récemment rachetée par S&P) ou GCR Ratings (filiale de Moody’s depuis 2024).

Le projet était en préparation depuis près de dix ans, sa création approuvée en 2018. Maurice a été choisie comme siège principale de la juridiction principale à l’issue d’un processus de sélection mené sous l’égide du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP). En février, l’Union africaine avait déjà confirmé que Port-Louis accueillerait le siège de la future institution, tout en invitant les autres États intéressés à se porter candidats pour héberger ses implantations secondaires.

Vignikpo Akpéné