Pretoria (© 2025 Afriquinfos)- L’Afrique du Sud veut définitivement mettre fin aux récurrentes vastes coupures de courant que traversent le pays depuis plusieurs années. Le 19 octobre dernier, le ministre sud-africain de l’Électricité et de l’Énergie, Kgosientsho Ramokgopa, a présenté l’Integrated Resource Plan (IRP) 2025, un programme énergétique d’envergure estimé à 2,2 trillions de rands (environ 127,5 milliards de dollars). L’objectif est de mettre fin d’ici 2039, à la crise énergétique qui plombe l’économie de la nation arc-en-ciel.
En proie depuis plusieurs années à de récurrentes coupures de courant, qui ont eu de graves répercussions sur ses performances, l’Afrique du Sud veut remonter la pente. Entre 2007 et 2019, les délestages ont coûté environ 43,5 milliards de rands (2,5 milliards USD) à l’économie, selon Eskom, la compagnie nationale d’électricité. Il est donc temps de renverser cette tendance et c’est ce à quoi s’attellent les autorités sud-africaines ces dernières années. Depuis 2024 en effet, l’Eskom montre des signes de redressement. Entre août et septembre 2025, le fournisseur public a atteint un taux de disponibilité énergétique de 70%, contre moins de 50% l’année précédente. Au 17 octobre, l’Afrique du Sud enregistrait 154 jours consécutifs sans délestage depuis avril 2025. Un exploit pour un pays où les populations pouvait passer plusieurs jours sans électricité.
Pour porter un coup définitif à ces coupures de courant, le ministre sud-africain de l’Électricité et de l’Énergie, Kgosientsho Ramokgopa, a présenté un plan Marshall qui devrait donner des résultats probants d’ici 2039. Il s’agit de l’Integrated Resource Plan (IRP) 2025, un programme énergétique d’envergure estimé à 2,2 trillions de rands (environ 127,5 milliards de dollars). Objectif : mettre fin à la crise de l’électricité et relancer la croissance économique. Le plan prévoit l’ajout de 105.000 MW de nouvelles capacités d’ici 2039, soit près de deux fois et demie la capacité actuelle de la compagnie nationale Eskom. Selon le plan, d’ici 2030, le pays ajoutera 11.270 MW de solaire photovoltaïque, 7.340 MW d’éolien, 6.000 MW de gaz et 5.200 MW de nucléaire. Le gouvernement vise également un taux de croissance de 3% du PIB à l’horizon 2030, ainsi que la création de milliers d’emplois dans la construction et l’industrie.
Outre l’Integrated Resource Plan (IRP), deux autres programmes structurants permettent à l’Afrique du Sud d’assurer son avenir énergétique. Il s’agit du Renewable Energy Independent Power Producer Procurement Programme (REIPPPP), lancé en 2011, qui a sélectionné 122 projets représentant plus de 11.500 MW de capacités renouvelables, dont 7.825 MW ont déjà atteint le bouclage financier et du Battery Energy Storage Independent Power Producer Procurement Programme (BESIPPPP), qui quant à lui, introduit le stockage à grande échelle pour stabiliser le réseau et mieux intégrer le solaire et l’éolien.
Boniface T.



