Passé colonial : après les excuses historiques du Roi Philippe, Bruxelles veut approfondir sa relation avec Kinshasa

Afriquinfos Editeur
3 Min de Lecture
Relation Bruxelles Kinshasa

Agenda

mai 2024
L M M J V S D
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Relation Bruxelles Kinshasa | Pour le 60ème anniversaire de son indépendance, c’est un cadeau plutôt inattendu qu’a reçu le peuple congolais. Des regrets historiques du Roi des Belges Philippe sur le passé colonial de son pays au Congo. Mais la partie belge ne veut pas s’arrêter en si bon chemin et annonce la mise en place d’une commission vérité justice et réconciliation dont les résultats permettront d’éclairer les zones d’ombre de l’histoire commune entre les deux pays et de donner un nouvel élan à leurs relations.  

C’est une première dans l’histoire de la monarchie belge. Aucun roi des Belges n’avait exprimé publiquement ses regrets pour les violences liées à la colonisation au Congo. Ces dernières semaines dans le contexte du mouvement Black Lives Matters à travers le monde, plusieurs statues de Léopold II ont été prises pour cible, vandalisées ou déboulonnées par de jeunes manifestants à Auderghem et dans la région bruxelloise. L’ancien souverain est accusé par un collectif anticolonialiste d’avoir « tué 10 millions de Congolais » entre 1885 et 1908. Mais les autorités congolaises attendent plus que des regrets du Roi Philipe. De nombreuses voix se sont élevées pour exiger des réparations à la hauteur des atrocités commises mais aussi la restitution du patrimoine culturel congolais pillé par Léopold II et ses amis dont certains sont exposés dans le musée de Tervuren.

A Bruxelles on y travaille déjà visiblement. À la suite de la lettre du roi, la première ministre Sophie Wilmès a ajouté : « Comme pour d’autres pays européens, l’heure est venue pour la Belgique d’entamer un parcours de recherche, de vérité, de mémoire », et de « reconnaître la souffrance de l’autre ». Et d’appeler à un débat « sans tabou, avec sincérité et sévérité » sur cette « histoire partagée » entre Belges et Congolais. Le 17 juin, le parlement belge a décidé d’ouvrir une commission d’enquête parlementaire « Commission vérité et réconciliation » pour se pencher sur le passé colonial de la Belgique. Dans son optique le président Félix Tshisekedi estime que l’histoire commune avec la Belgique, soit être réécrite sur la base d’un travail scientifique réalisé par les historiens des deux pays afin qu’elle soit racontée à nos enfants en République démocratique du Congo ainsi qu’en Belgique.

Boniface T.

- Advertisement -