Nouvelle résurgence d’Ebola: Appels croisés du CDC Africa et de l’OMS pour conjurer les contaminations inter-Etats

Afriquinfos Editeur
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Des agents de l'OMS sur un foyer d'ebola (DR)

Genève (© 2026 Afriquinfos) – L’Organisation mondiale de la Santé (OMS)  et l’agence sanitaire de l’Union africaine, (Africa CDC) se sont respectivement prononcées face à la nouvelle épidémie d’Ebola déclarée vendredi 15 mai dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Ce dimanche 17 mai, l’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale, son deuxième niveau d’alerte le plus élevé, face à l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda.

L’Africa CDC avait dans cette même veine, indiqué samedi, avoir déclenché une coordination d’urgence avec la RDC, l’Ouganda, le Soudan du Sud et plusieurs partenaires internationaux afin de renforcer la réponse transfrontalière.

Selon un communiqué publié sur X par l’OMS, son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a statué que le virus ‘’constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), mais ne répond pas aux critères d’une urgence pandémique’’.

L’USPPI était auparavant le niveau d’alerte le plus élevé face à une épidémie selon le Règlement sanitaire international (RSI), un cadre juridiquement contraignant pour les Etats parties à l’OMS. Mais des amendements adoptés en juin 2024 ont introduit un plus haut degré d’alerte: celui d’ ‘’urgence due à une pandémie’’.

L’Africa CDC a informé de son côté que les premiers éléments disponibles suggèrent la présence d’une souche différente du virus Ebola, distincte de la souche « Zaïre », la plus virulente. Le séquençage est en cours pour confirmer cette hypothèse.

La région concernée est en proie à des violences armées, ce qui complique les opérations de surveillance et de riposte sanitaire.

La RDC est actuellement frappée de plein fouet par le variant Bundibugyo d’Ebola, contre lequel il n’existe aucun vaccin, alors que les autorités du pays avaient annoncé en décembre dernier la fin de la 16ᵉ épidémie d’Ebola, apparue en août dans la province du Kasaï.

Sur le plan sanitaire, les autorités font état d’un bilan provisoire de 4 décès confirmés en laboratoire et de 246 cas suspects, dont 65 mortels. Les investigations se poursuivent pour confirmer les cas et suivre la propagation du virus.

Appuyées par l’OMS, MSF et Africa CDC, les autorités sanitaires ont mené une riposte dans une zone rurale difficile d’accès, combinant surveillance, vaccination et prise en charge.

Cette flambée, désormais maîtrisée, rappelle la persistance du risque Ebola en RDC, qui a connu seize épidémies depuis 1974.

Une maladie résistant au vaccin ?

Cette nouvelle flambée survient malgré les campagnes de vaccination menées par la suite, au cours desquelles près de 50.000 personnes avaient été immunisées avec le soutien de l’OMS.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la maladie à virus Ebola comme une infection rare mais sévère, souvent mortelle chez l’être humain.

Elle est causée par plusieurs virus appartenant à la même famille, dont les virus Ebola, Soudan et Bundibugyo, responsables des principales flambées épidémiques. Le taux de létalité moyen est d’environ 50 %, mais il peut varier de 25 % à 90 % selon les épidémies.

Le virus est transmis à l’humain à partir d’animaux infectés, notamment certaines chauves-souris, puis se propage entre personnes par contact direct avec les liquides biologiques ou des surfaces contaminées. Les soins aux malades et les rites funéraires peuvent également favoriser la transmission.

Les symptômes apparaissent après une incubation de 2 à 21 jours : fièvre, fatigue, douleurs, puis vomissements, diarrhée et parfois des hémorragies à un stade avancé.

L’OMS souligne que des soins précoces, une bonne réhydratation, la surveillance des contacts, la vaccination contre certaines souches et des mesures strictes de prévention permettent de limiter les flambées et d’améliorer les chances de survie.

Au 16 mai, l’OMS a confirmé huit cas en laboratoire et recensé 246 cas suspects et 80 décès suspects dans la province d’Ituri, dans l’est de la RDC, ainsi qu’un autre cas confirmé à Kinshasa et un décès en Ouganda parmi des voyageurs récemment revenus d’Ituri.

L’Agence sanitaire de l’Union africaine, l’Africa CDC, a enregistré pour sa part 88 décès vraisemblablement dus au virus sur 336 cas suspects, selon les derniers chiffres publiés samedi 16 mai.

La RDC avait connu une épidémie d’Ebola entre août et décembre 2025, avec au moins 34 morts. L’épidémie la plus meurtrière y avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades, entre 2018 et 2020. Le virus a cependant fait plus de 15.000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années.

Ebola, qui provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse, reste redoutable malgré de récents vaccins et traitements, efficaces uniquement contre la souche Zaïre à l’origine des plus grandes épidémies recensées.

V.A.