Maputo (© 2025 Afriquinfos)- En gestation depuis quelques années le projet de construction du barrage hydroélectrique Mphanda Nkuwa sur le fleuve Zambèze, au Mozambique, a connu une phase décisive avec l’entrée en ligne de compte de la Banque Mondiale, de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l’Association internationale de développment (IDA). Ces trois institutions vont conjointement vont apporter les financements et les garanties, pour l’effectivité de ce qui à terme, deviendra la plus grande centrale hydroélectrique d’Afrique australe.
Le barrage hydroélectrique Mphanda Nkuwa sera construit sur le fleuve Zambèze, dans la province de Tete, au nord du pays, et produira 1500 MW au cours de la première phase. Pour donner vie à ce mégaprojet, les autorités mozambicaines ont sollicité des partenaires techniques et financiers.
S’agissant de la construction, elle sera assurée par un consortium composé des entreprises françaises EDF (Électricité de France) et TotalEnergies, ainsi que du groupe japonais Sumitomo Corp qui détiennent une participation de 70%. Le gouvernement mozambicain et sa société Hidroeléctrica de Cahora Bassa, détiendront également des parts dans le projet à hauteur de 30%.
Pour le budget estimé à 6,5 milliards de dollars, il sera alloué par la Banque mondiale, par l’intermédiaire de sa filiale International Finance Corporation (IFC) ; la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) offrira des garanties contre les risques ; et l’Association internationale de développement (IDA) apportera des financements concessionnels pour la construction de 1 300 km de lignes électriques.
Ces nouvelles lignes relieront le barrage au réseau électrique du sud du Mozambique, doivent accroître de moitié la capacité électrique du pays sachant qu’ctuellement, 64 % de la population mozambicaine (environ 33 millions de personnes) ont accès à l’électricité, Elles permettront en effet, d’alimenter la capitale Maputo ainsi que des pays voisins : Zambie, Malawi et Zimbabwe. Le plan prévoit également la construction de nouvelles petites centrales électriques et d’une centrale solaire de 400 MW.
Cette électricité bas carbone sera vendue pour une part au réseau national, mais le consortium prévoit aussi de conclure des contrats de vente à long terme (dit PPA)) avec des groupes miniers ou pétro-gaziers de la sous-région (Mozambique, Zambie, Afrique du Sud) très demandeurs d’électricité verte. Il s’agit d’augmenter les revenus tirés de l’exportation d’énergie, qui ont atteint 240 millions de dollars en 2024.
La première turbine du barrage hydroélectrique Mphanda Nkuwa devrait fonctionner d’ici 2031. D’ici là, devront être conduits les études d’ingénierie, le choix des équipementiers et sous-traitants ainsi que la conduite des travaux.
Boniface T.



