Michaël Randrianirina investi « Président de la refondation » pour redistribuer les richesses

Le Président renversé Andry Rajoelina ayant quitté le pays, le nouvel homme fort de Madagascar, qui réfute le terme de coup d’État, s'évertue à entourer sa prise de pouvoir de légalité.

Afriquinfos Editeur
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Le colonel Michael Randrianirina (C) à Antananarivo, le 16 octobre 2025.
Le colonel Michael Randrianirina (C) à Antananarivo, le 16 octobre 2025.

Trois jours seulement après la prise de pouvoir de son unité militaire à Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina doit être investi « Président de la refondation » ce 17 octobre de cette île de l’océan Indien.

Le Colonel Michael Randrianirina (au centre, avec le béret vert) à Antananarivo, le 16 octobre 2025.
Le Colonel Michael Randrianirina (au centre, avec le béret vert) à Antananarivo, le 16 octobre 2025.

Le Président renversé Andry Rajoelina ayant quitté le pays, le nouvel homme fort de Madagascar, qui réfute le terme de coup d’État, s’évertue à entourer sa prise de pouvoir de légalité. En deux années, ce militaire de 51 ans est passé d’une arrestation pour « soupçon de tentative de coup d’État » à une investiture imminente au poste suprême sans passer par les urnes. Hommes politiques, représentants du collectif Gen Z à l’initiative des manifestations ayant gagné le pays, influenceurs malgaches et délégations étrangères, dont celles des États-Unis, de l’Union Européenne et de la France, représentée par son ambassadeur, ont rejoint vendredi matin le lieu de l’investiture, a constaté l’AFP.

L’audience, dans un « esprit de sobriété », doit se tenir à la Haute Cour Constitutionnelle, qui n’a pris que quelques heures mardi, 14 octobre, pour l’inviter à « exercer les fonctions de Chef de l’État » après un vote de destitution visant Andry Rajoelina à l’Assemblée Nationale, dissoute auparavant par le Président déchu. Ce commandant du CAPSAT, unité qui avait déjà joué un rôle majeur dans le coup d’État de 2009 ayant porté Andry Rajoelina une première fois au pouvoir, doit prêter serment dans les murs de brique rouge du Palais d’État d’Ambohidahy, à l’architecture ‘Art nouveau française’. La cérémonie doit débuter à 10H00 (7H00 GMT) et durer deux heures.

Hasard, l’édifice toise l’entrée du tunnel du même nom – cette trouée qu’ont tenté de franchir des manifestations ayant embrasé la capitale malgache à partir du 25 septembre, d’abord pour demander la fin des coupures d’eau et d’électricité, puis pour contester le pouvoir d’Andry Rajoelina. Au moins 22 personnes ont été tuées et une centaine blessée au début du mouvement de protestation, d’après un bilan de l’ONU rejeté par le pouvoir Rajoelina.

– « Défendre un non-coup d’État » –

Les hommes du « colonel Michaël », comme l’appelle affectueusement la rue, ont condamné la Présidence d’Andry Rajoelina en ralliant le 11 octobre les protestataires qu’ils ont accompagnés vers le centre-ville. Le coup de grâce est tombé ce 14 octobre quand cet ancien Gouverneur du district d’Androy, dans le sud du pays, a annoncé avec son unité « prendre le pouvoir« . « Un coup d’État, c’est quand les soldats entrent dans le palais présidentiel avec des armes, qu’ils tirent, qu’il y a du sang… Ce n’est pas un coup d’État« , a-t-il assuré.

Reste que l’ONU a déclaré qu’elle « condamne un changement inconstitutionnel de pouvoir » à la veille de la prestation de serment. Et l’Union Africaine a suspendu Madagascar de ses instances. « La transition est désormais engagée« , a toutefois constaté ce 16 octobre depuis le Nigeria le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, appelant à la « pleine association des civils au processus en cours » avec « l’objectif de retour à la légalité« . L’entourage du Président renversé Andry Rajoelina a confirmé que ce dernier avait « quitté le pays » entre le 11 et le 12 octobre en raison de « menaces explicites et extrêmement graves (…) proférées contre (s)a vie ». D’après la radio française RFI, il a été exfiltré dimanche, 12 octobre par un avion militaire français.

« On revient dans la loi, on respecte la loi« , a assuré ce 16 octobre le colonel Michaël Randrianirina, tout en émettant des doutes sur la possibilité d »organiser des élections dans un délai de 60 jours, comme le demande l’arrêt de la Haute Cour Constitutionnelle. Selon lui, la Commission électorale comme les listes électorales ne sont « pas acceptées par tous« , raison pour laquelle le militaire avait annoncé auparavant prévoir un scrutin dans 18 à 24 mois. Un « processus de consultation pour trouver un Premier ministre le plus vite possible » est en cours, a-t-il dit.

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