Lettre de mission et priorités de Diomaye Faye à la tête de la CEDEAO entre 2026 et 2027

Afriquinfos Editeur
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Julius Maada Bio en train de passer la main à Bassirou Diomaye Faye (DR)

Freetown (© 2026 Afriquinfos) –  Le Président Sénégalais Bassirou Diomaye Faye est le nouveau Président en exercice de la Cédéao depuis ce dimanche 19 juillet 2026. Il a été désigné l’issue de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement tenue à Lungi, en Sierra Léone. Il prend la tête d’une organisation confrontée à des défis sécuritaires, institutionnels et économiques majeurs, avec une prise de fonction prévue le 1er septembre 2026 à Abuja, au Nigeria.

La prise de fonction de Bassirou Diomaye Faye intervient également dans le cadre du renouvellement des instances dirigeantes de la Cédéao. En décembre dernier, les chefs d’État avaient décidé d’attribuer au Sénégal la présidence de la Commission de l’organisation pour la période 2026-2030. Le général Birame Diop, désigné par Dakar, est appelé à succéder à Omar Alieu Touray à la tête de l’exécutif communautaire.

Cette nouvelle configuration place le Sénégal au centre des prochaines orientations de la Cédéao, appelée à relever les défis sécuritaires, à renforcer son intégration économique et à définir ses relations avec les pays de la Confédération des États du Sahel (AES).

« Après avoir accompli mon mandat obligatoire d’un an en tant que président de l’Autorité de la Cédéao, je suis heureux de passer le flambeau à mon jeune frère, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, président de la République du Sénégal », a déclaré Julius Maada Bio.

Cette alternance intervient alors que la Cédéao cherche à redéfinir ses priorités face aux mutations politiques et sécuritaires qui affectent l’Afrique de l’Ouest. Ouvrant les travaux du sommet, le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, a estimé que l’organisation se trouvait à « un tournant important » de son histoire, plus de cinquante ans après sa création.

Il a souligné que les attentes des populations en matière de paix, de sécurité, de prospérité et d’opportunités n’avaient « jamais été aussi fortes », alors que les défis devenaient « de plus en plus complexes et interdépendants ».

Le chef de l’État sierra-léonais Julius Maada Bio, qui achevait son mandat annuel à la tête de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao, a appelé les dirigeants à renouveler leur engagement en faveur de la solidarité, de la coopération et de l’intégration régionale.

La présidence sénégalaise a présenté la désignation de Bassirou Diomaye Faye comme la reconnaissance d’une « parole écoutée » et d’une « vision portée avec constance ». Le nouveau président en exercice de la Cédéao a notamment mis en avant la nécessité d’opérationnaliser la Force régionale de lutte contre le terrorisme, de renforcer la mutualisation des moyens, d’améliorer l’autonomie financière de la communauté et de mieux protéger les populations affectées par les crises.

Le Chef de l’État a plaidé pour une CEDEAO rénovée, plus proche de ses peuples et singulièrement de sa jeunesse, et a affirmé la détermination du Sénégal à faire de la Déclaration d’engagement en faveur du Pacte pour l’avenir de l’intégration régionale un instrument d’action et non une simple déclaration d’intentions.

Une parole écoutée au plus haut niveau. Devant la Conférence, le Président de la République a dressé un diagnostic lucide de l’état de la Communauté et proposé des réponses concrètes aux défis de la paix, de la sécurité, de la gouvernance et de l’intégration économique.

Fidèle à sa méthode, le Chef de l’État a choisi la franchise. Sans détour, il a nommé les fragilités de la région – la propagation du terrorisme dans le Sahel central et ses velléités d’expansion vers les pays côtiers, la faiblesse du commerce intra-régional, la vulnérabilité climatique et alimentaire – tout en soulignant la résilience des économies et des perspectives de croissance supérieures aux moyennes africaine et mondiale.

À chaque défi, il a opposé une exigence d’action : l’activation de la Force régionale de lutte contre le terrorisme dotée de moyens adéquats, l’intensification des opérations conjointes, la mutualisation des moyens, la protection des populations affectées, et une plus grande autonomie financière de la Communauté.

« Nous devrons agir vite pour l’activation de la Force régionale de lutte contre le terrorisme, en la dotant de moyens matériels et financiers adéquats. »

Le Président de la République a également rappelé l’action concrète du Sénégal à l’échelle de l’UEMOA, avec la réunion, le 10 juillet 2026 à Dakar, du Comité de haut niveau consacré au chantier de la paix et de la sécurité – preuve d’un engagement qui précède et prolonge les enceintes régionales.

Au Sommet sur l’avenir de l’intégration régionale, le Chef de l’État a inscrit son propos dans la longue durée : cinquante ans d’acquis, mais des défis qui pourraient menacer la survie même de l’Organisation. Sa conviction : l’unité et la solidarité de la région sont la condition de sa prospérité.

« Nous devons redonner de l’espoir à nos populations, en particulier la jeunesse qui constitue l’avenir de notre Communauté. »

Le Président de la République a appelé à des réformes profondes : une architecture institutionnelle plus stable, le respect des textes adoptés comme fondement de la crédibilité de l’Organisation, la concrétisation des programmes communautaires dans l’agriculture, l’industrie, l’énergie et les infrastructures, et le respect des principes de démocratie, d’État de droit et de bonne gouvernance.

V.A.