L’ONU pointe une malnutrition infantile aigüe sévère au Soudan depuis 2023 

Afriquinfos Editeur
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Aker Monychol Biar with her children at the Transit Center in Malakal. Aker is a 32-years-old woman from Malakal who moved to Sudan with her four children last year after her husband passed away. She worked at the simsim farms to support her family but decided to come back to South Sudan after war broke out in Sudan. “We travelled by car up to the border and from Renk we took a boat to Malakal” “When we came we didn’t have anything but thankfully WFP gave us food” “Now I want to stay in Malakal and start a business here” More than 264,000 people have crossed into South Sudan from Sudan since the start of the crisis in April 2023. Around 81% of them have arrived through the Joda border point in Renk County, Upper Nile State, and then travel to Renk town where they stay in the Transit Center until they can continue their journey. IOM supports returnees with onward transportation, first travelling to Malakal by boat and later with transport to their final destination by boat, plane and/or land transport. WFP provides High Energy Biscuits (HEB) upon arrival at the border and before their boat journey to Malakal. At the Transit Centers in Renk and Malakal, WFP has been providing food or cash assistance to the returnees as well as nutrition support to malnourished mothers and children. Overall, WFP has provided nearly 250,000 people with in-kind food assistance and/or cash-transfers, as well as high-energy biscuits, and nutrition treatment and prevention support since the start of the response. More than 200,000 people have been assisted in Renk alone. While many have faced arduous journeys to get to this point, they still have a long and difficult journey ahead to the communities they wish to settle in South Sudan. They are arriving in a country that is facing a deteriorating humanitarian situation itself with 63% of the population facing acute food insecurity this year (according to April to July 2023 IPC projections).

New York (© 2026 Afriquinfos)- Les Nations Unies ont mis en garde mardi 30 décembre 2025 contre des niveaux “sans précédent” de malnutrition parmi les enfants au Soudan, une situation provoquée par un conflit armé qui dure depuis plus de deux années.

’La guerre qui s’intensifie au Soudan provoque des niveaux sans précédent de faim, de malnutrition infantile et de déplacements de population’’, a indiqué le service de presse de l’ONU citant des données de plusieurs agences humanitaires actives sur le terrain.

D’après la même source, cette guerre, qui a éclaté en avril 2023 entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF), a « dévasté » les infrastructures civiles, provoqué l’effondrement des services de base et déclenché l’une des plus grandes crises de déplacement de population au monde.

Citant une enquête menée récemment dans l’État du Nord-Darfour au Soudan, l’une des régions les plus touchées par les combats, l’organisation multilatérale révèle que plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë.

‘’Il s’agit de l’un des taux les plus élevés jamais enregistrés lors d’une évaluation d’urgence standardisée’’, a commenté le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), avertissant que sans un accès humanitaire urgent et sans entrave, les enfants ‘’courent un risque immédiat de mourir de causes évitables’’.

L’enquête a porté sur près de 500 enfants et a fait état de taux de malnutrition aiguë de 53%, soit plus de trois fois le seuil d’urgence fixé par l’Organisation mondiale de la santé.

Par ailleurs, l’ONU a tiré la sonnette d’alarme sur la situation à El Fasher, capitale du Nord-Darfour, en indiquant que depuis sa prise par les FSR, près de 20.000 Soudanais ont franchi la frontière du Tchad voisin pour fuir l’escalade de violence qui ravage la région.

La semaine dernière, les Nations Unies ont exhorté toutes les parties au conflit au Soudan à cesser immédiatement les attaques contre les civils et les infrastructures civiles, à respecter le droit international humanitaire et à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave.

Un enfant sur six souffrait de malnutrition aiguë sévère

Les nouvelles données issues de la dernière enquête SMART menée par l’UNICEF dans la localité d’Um Baru, dans le Darfour du Nord, au Soudan, indiquent que plus de la moitié des enfants examinés souffraient de malnutrition aiguë, et qu’un enfant sur six souffrait de malnutrition aiguë sévère (MAS), une condition potentiellement mortelle pouvant entraîner le décès d’un enfant en quelques semaines si elle n’est pas traitée.

L’enquête nutritionnelle, menée entre le 19 et le 23 décembre auprès de pas moins de 500 enfants, a révélé un taux de malnutrition aiguë globale (MAG) de 53 %, 18 % des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère (MAS) et 35 % de malnutrition aiguë modérée (MAM), Ce taux est l’un des plus élevés jamais enregistrés au monde dans le cadre d’une enquête nutritionnelle standardisée. Il est plus de trois fois supérieur au seuil d’urgence de 15 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

‘’Lorsque la malnutrition aiguë sévère atteint un tel niveau, le temps joue un rôle crucial’’, a déclaré Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF. ‘’Les enfants d’Um Baru luttent pour leur survie et ont besoin d’une aide immédiate. Chaque jour sans un accès sûr et sans entrave à l’aide alimentaire accroît le risque que ces enfants s’affaiblissent davantage et souffrent ou succombent à des causes pourtant évitables’’.

Le taux de mortalité a atteint des niveaux alarmants, soulignant le risque imminent et mortel qui menace les enfants.

De nombreux résidents de la localité font partie des familles récemment déplacées qui ont fui la violente escalade des combats à Al Fasher fin octobre. Beaucoup d’enfants parmi eux n’ont pas été vaccinés contre la rougeole ou d’autres maladies pouvant être prévenues par la vaccination, ce qui les rend particulièrement vulnérables.

Un accès à l’aide humanitaire de plus en plus restreint

Cette crise survient dans un contexte d’insécurité croissante qui a fortement limité l’accès humanitaire et retardé le déploiement d’une aide vitale. La poursuite des combats dans la région entraîne des ralentissements dramatiques dans l’intensification des interventions humanitaires, pourtant si urgentes.

Le Darfour du Nord reste l’épicentre de la crise nutritionnelle qui frappe le Soudan. Depuis novembre, près de 85 000 enfants souffrant de malnutrition sévère y ont été pris en charge. L’UNICEF a prépositionné des fournitures vitales, telles que des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATP), mais des services de santé et de nutrition intégrés sont nécessaires d’urgence, compte tenu de l’ampleur de la crise.

L’UNICEF exhorte toutes les parties au conflit à garantir un accès immédiat, sûr et sans entrave aux acteurs humanitaires afin que l’aide vitale puisse parvenir aux enfants et à leurs familles pris au piège par les combats. Sans une trêve humanitaire convenue et respectée, les travailleurs humanitaires ne pourront pas fournir en toute sécurité de la nourriture, de l’eau potable, des soins médicaux ou des services de protection, et les enfants continueront de payer le plus lourd tribut. La communauté internationale – y compris les États qui ont une influence sur les parties au conflit – doit intensifier de toute urgence la pression diplomatique et politique afin de garantir qu’une trêve humanitaire soit convenue, mise en œuvre et respectée.

Vignikpo Akpéné