Port-Louis (© 2026 Afriquinfos)- Le Premier Ministre mauricien, Navin Ramgoolam, a réaffirmé ce 21 avril la volonté de son Gouvernement de parvenir à un règlement du dossier de l’archipel des Chagos, sans avancer de calendrier précis.
Selon lui, Maurice considère détenir la souveraineté sur cet archipel au regard du droit international, en référence notamment à l’avis consultatif rendu en 2019 par la Cour internationale de Justice et aux résolutions des Nations Unies.
Le chef du Gouvernement s’exprimait devant l’Assemblée nationale. Il a également fait savoir que les discussions se poursuivaient entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, évoquant des divergences entre les deux pays sur ce dossier.
Une délégation britannique à Maurice ce 21 avril
Ces remarques interviennent alors qu’une délégation britannique est arrivée mardi à Maurice pour des consultations avec les autorités locales. Le gouvernement mauricien a envisagé, en fonction de l’issue de ces échanges, d’explorer « des voies alternatives » pour mener à bien le processus de décolonisation.
Séparé de Maurice en 1965, alors sous domination britannique, l’archipel des Chagos abrite notamment l’île de Diego Garcia, louée dès 1966 aux Etats-Unis pour l’installation d’une base militaire conjointe avec le Royaume-Uni, entraînant le déplacement de milliers d’habitants.
Un accord signé le 22 mai 2025 entre le Royaume-Uni et Maurice prévoit un transfert de souveraineté à Maurice, assorti de la location de la base de Diego Garcia au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Le président américain Donald Trump s’est opposé à plusieurs reprises à ce transfert.
De son côté, le bureau du Premier Ministre britannique Keir Starmer, a précisé que l’accord envisagé avec Maurice restait conditionné au soutien des États-Unis, alors que plusieurs médias britanniques évoquent un manque de temps parlementaire pour l’adoption d’un nouveau texte législatif.
Le dossier a également pris une dimension politique outre-Atlantique. Le Président américain Donald Trump s’était auparavant opposé à l’accord, le qualifiant d’«acte d’une grande stupidité», une position qui a contribué à fragiliser les perspectives d’aboutissement du processus.
À Port-Louis, le procureur général Gavin Glover a reconnu que ce revirement ne constituait pas une surprise. Selon lui, l’évolution du dossier dépend largement de la qualité des relations entre Londres et Washington.
Le contentieux autour des Chagos remonte à plusieurs décennies. Détaché de Maurice par le Royaume-Uni en 1965, soit avant l’indépendance de l’île en 1968, l’archipel demeure au centre d’un différend diplomatique et juridique majeur. En 2019, la Cour internationale de Justice a estimé que cette séparation contrevenait au droit international et a appelé Londres à mettre fin à son administration du territoire.
Pour Maurice, la revendication dépasse désormais le seul cadre territorial: elle s’inscrit dans la poursuite d’un processus de décolonisation que les autorités considèrent comme inachevé.
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