L’UA va suivre de très près l’application de l’arrêt de la CIJ concernant Malabo et Libreville avec cette méthode 

Afriquinfos Editeur
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le Ministre équato-guinéen des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de la Diaspora, Simeón Oyono Esono Angüe, et le Président de la Cour constitutionnelle du Gabon, Dieudonné Aba’a Owono (DR-African Union)

Addis-Abeba (© 2026 Afriquinfos)- Le Gabon et la Guinée équatoriale ont signé ce mardi 28 juillet à Addis-Abeba, un engagement conjoint portant sur la mise en œuvre de l’arrêt rendu par la Cour internationale de justice (CIJ), le 19 mai 2025 sur la délimitation de leurs frontières terrestres et maritimes. L’accord a été signé sous l’égide de l’Union Africaine en marge de la 49ᵉ Session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA) qui a salué la démarche.

Les documents pour sceller l’accord ont été paraphés par le Ministre équato-guinéen des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de la Diaspora, Simeón Oyono Esono Angüe, et le Président de la Cour constitutionnelle du Gabon, Dieudonné Aba’a Owono, représentant leurs pays respectifs.

Les témoins lors de la cérémonie étaient : Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine, et Edouard Bizimana, ministre des Affaires Etrangères de la République du Burundi et Président du Conseil exécutif de l’UA.

Cet Accord marque une étape importante vers la mise en œuvre pacifique de l’Arrêt et la résolution du différend territorial entre ces deux États membres de l’Union africaine (UA).

La signature fait suite à la réunion de haut niveau facilitée par le Président de la Commission de l’Union africaine, au cours de laquelle Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Président de la Guinée Equatoriale, et Brice Clotaire Oligui Nguema, Président du Gabon, ont réaffirmé leur engagement en faveur de la mise en œuvre pacifique de l’Arrêt de la CIJ.

Mahmoud Ali Youssouf a félicité les deux pays pour leur engagement en faveur du dialogue, de la coexistence pacifique et du respect du droit international.

‘’Cet Accord reflète un engagement partagé en faveur du dialogue, de la coopération, de la bonne voisinage et de la résolution pacifique des différends dans l’esprit de l’unité africaine’’, a déclaré le Président.

Prenant la parole au nom du Gabon, M. Dieudonné Aba’a Owono, Président de la Cour constitutionnelle, a déclaré : ‘’Au-delà de la signification juridique de cet Accord, nous le considérons comme un acte de confiance mutuelle et un engagement politique fort en faveur de la préservation de la paix en Afrique centrale. Dans un contexte continental marqué par de multiples défis sécuritaires, cette approche démontre que le dialogue et la coopération restent les instruments les plus efficaces pour prévenir les tensions’’.

Simeon Oyono Esono Angue, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de la Diaspora de la Guinée Equatoriale, a souligné la responsabilité historique partagée par les deux pays : ‘’Nous portons la responsabilité historique de démontrer que des États voisins peuvent mettre en œuvre une décision judiciaire internationale avec sang-froid, responsabilité et bonne foi, tout en maintenant un plein respect à la fois des institutions internationales et africaines. L’Afrique nous observe. Le monde nous observe. Nos peuples nous observent’’.

Réagissant à la signification de l’Accord, Edouard Bizimana, Ministre des Affaires Etrangères du Burundi et Président du Conseil exécutif de l’UA, a déclaré : ‘’L’Accord signé aujourd’hui est bien plus qu’un instrument juridique. Il est un témoignage de la maturité politique de deux Nations africaines qui ont choisi le dialogue plutôt que la confrontation, la coopération plutôt que la division, et le respect de la primauté du droit plutôt que le recours à la force.’’

L’Union africaine félicite la République de Guinée équatoriale et la République gabonaise pour cette réalisation historique et réaffirme son engagement à soutenir les États membres dans la promotion du règlement pacifique des différends, le renforcement de la stabilité régionale et l’avancement des aspirations de l’Agenda 2063 : ‘’L’Afrique que nous voulons’’.

Un différend tranché après plusieurs décennies

La décision de la CIJ, rendue le 19 mai 2025 à la suite d’un compromis soumis conjointement par Libreville et Malabo, s’est appuyée sur la Convention franco-espagnole du 27 juin 1900 pour déterminer les références juridiques applicables à la frontière entre les deux pays.

La juridiction internationale avait précisé qu’elle n’était pas appelée à tracer elle-même une nouvelle frontière ni à attribuer des territoires, mais à établir la valeur juridique des différents titres, traités et conventions invoqués par les deux parties.

Son arrêt concerne notamment plusieurs territoires insulaires disputés, dont les îles Mbanié, Cocotiers et Conga, situées dans une zone maritime stratégique susceptible de renfermer d’importantes ressources pétrolières et gazières.

Le différend, qui remonte à plusieurs décennies, avait été porté devant la CIJ après plusieurs tentatives de médiation, et la conclusion, en 2016, d’un compromis entre les deux États afin de privilégier la voie judiciaire.

Si la question des frontières terrestres et du statut des îles relève désormais de l’application de la décision de la CIJ, la délimitation maritime reste ouverte à la négociation entre les deux pays, conformément aux dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (Convention de Montego Bay).

À travers cet accord d’engagement conjoint, Libreville et Malabo affichent leur volonté de privilégier le dialogue et la coopération régionale pour tourner la page d’un différend historique et renforcer leurs relations de bon voisinage.

V.A.