Liberté de la presse en 2026: Les défis persistants à relever globalement sur le continent africain

En Afrique subsaharienne, la liberté de la presse n’a jamais été autant mise à rude épreuve, où l’instabilité politique et sécuritaire accélère le recul des droits des journalistes, selon l’édition 2026 du Classement mondial de Reporters sans frontières (RSF).

Afriquinfos Editeur
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Cartographie du classemet de RSF sur la liberté de presse par zone (DR)

Paris (© 2026 Afriquinfos)- Dans son classement annuel par pays publié le 1er mai, Reporters sans frontières note qu’en vingt-cinq ans, «le score moyen de l’ensemble des pays étudiés n’a jamais été aussi bas». Et relève une détérioration du cadre légal. En Afrique subsaharienne notamment, la liberté de la presse n’a jamais été autant mise à rude épreuve, où l’instabilité politique et sécuritaire accélère le recul des droits des journalistes, selon l’édition 2026 du Classement mondial de Reporters sans frontières (RSF).

L’organisation  qui a par la même occasion alerté sur la fragilité économique croissante des médias africains, juge la situation « difficile » dans 24 des 48 pays de la zone et « très grave » dans cinq États : le Rwanda, l’Éthiopie, le Soudan, Djibouti et l’Érythrée qui ferme une nouvelle fois le classement mondial.

L’Érythrée (180e/180) reste le dernier pays du classement – il détient notamment les journalistes les plus longtemps détenus au monde sans procès, tel que Dawit Isaak. Dans le Sahel, les régimes militaires du Burkina Faso (110e ; – 5), du Mali (121e ; – 2) et du Niger (120e ; – 37) restreignent fortement la presse au nom de la sécurité nationale, le Niger enregistrant la plus forte chute du Classement mondial en dégringolant de 37 places. Dans la région des Grands Lacs, en République démocratique du Congo (130e), au Burundi (119e) et au Rwanda (139e), des journalistes sont régulièrement incarcérés, depuis plusieurs années.

Avec ce classement, on conclut donc que les pays du Sahel enregistrent certaines des plus fortes dégradations. Le Niger chute de 37 places, soit la baisse la plus importante au monde, après un rétrécissement de l’espace civique sous le régime militaire. Le Mali et le Burkina Faso poursuivent également leur recul, marqués par des détentions arbitraires de journalistes, des accusations de diffusion de fausses informations et des disparitions forcées.

Dans la région des Grands Lacs, RSF pointe aussi l’usage récurrent d’accusations liées à la sécurité nationale pour emprisonner des professionnels des médias, notamment en République démocratique du Congo, au Burundi et au Rwanda.

La Tanzanie, longtemps citée en exemple, perd 22 places, signe d’un durcissement des conditions de travail des journalistes. Les conflits armés continuent par ailleurs de ravager l’environnement médiatique. En RDC, les journalistes de l’est du pays sont pris entre groupes armés et forces régulières, souvent contraints à l’exil.

Le Ghana et l’Afrique du Sud bons élèves

Au Soudan, la guerre a presque fait disparaître le journalisme indépendant, tandis qu’en Éthiopie, les autorités maintiennent une forte pression sécuritaire sur la presse.

La Mauritanie recule malgré des engagements officiels en faveur du droit à l’information, freinée par le retard des réformes et la précarité du secteur. À l’inverse, le Ghana et l’Afrique du Sud figurent parmi les pays les mieux classés de la région, bénéficiant d’une situation jugée « plutôt bonne ».

Depuis le 7 octobre 2023, plus de 220 journalistes palestiniens ont été tués par l’armée israélienne au cours de la guerre à Gaza, dont au moins 70 en raison de leur métier. Cela fait de la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) la région du monde où la situation de la liberté de la presse est la plus catastrophique en 2026, avec 18 pays sur 19 en situation “très grave” (11) ou “difficile” (7).

V.A.