L’Etat mauricien se justifie autour de l’exil accordé au magnat Mamy Ravatomanga

L'opposition dénonce toujours le laxisme des autorités mauriciennes, alors que la démission ce 26 octobre 2025 de Junaid Fakim de la Commission des crimes financiers, chargé d’enquêter dans cette affaire, soulève des soupçons de collusion et de corruption.

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L'Etat mauricien se justifie autour de l'exil accordé au magnat Mamy Ravatomanga
Le PM mauricien Navin Ramgoolam (DR-Défimedia)

Port Louis (© 2025 Afriquinfos)- Interpellé par l’opposition de son pays, le Premier ministre mauricien Navin Ramgoolam a dévoilé ce 28 octobre, devant le Parlement, les dessous de l’atterrissage sur l’île du jet privé transportant Mamy Ravatomanga et ses proches après leur fuite de Madagascar, dans la nuit du 12 octobre.

Comme droit de réponse, Navin Ramgoolam  évoque une affaire «aux ramifications internationales».  Il a cité notamment le scandale des Boeing 777, avec la revente à une compagnie iranienne de cinq gros porteurs immatriculés à Madagascar, afin de contourner les sanctions américaines.

Le Premier Ministre a également a transmis aux députés le rapport de l’Aviation civile mauricienne, un document de neuf pages qui revient sur les circonstances de l’arrivée de Mamy Ravatomanga à Maurice.

Le rapport évoque un voyage prémédité impliquant également l’ancien Premier ministre malgache Christian Ntsay, ainsi que l’organisation d’un dîner de gala sponsorisé par Jet Prime Ltd., laissant supposer que le déplacement n’était pas purement fortuit. Toujours selon le Premier ministre, d’autres départements d’investigation internationaux (dont le FBI) pourraient désormais s’impliquer, notamment dans le cadre du mystérieux dossier “Triple 7”.

Cette affaire, déjà explosive, prend une dimension régionale voire internationale, alors que plusieurs anciens dossiers refont surface: trafics de bois précieux, transferts financiers suspects et opérations obscures autour des Boeings 777.

Une contre-expertise médicale annoncée

Cloué à Maurice depuis près de trois semaines, Maminiaina Ravatomanga se retrouve aujourd’hui au cœur d’un enchevêtrement d’affaires mêlant politique, finance et justice. Le feuilleton mauricien ne semble qu’à ses débuts, et la contre-expertise médicale annoncée pourrait bien marquer un tournant décisif dans le sort de l’homme d’affaires malgache, longtemps considéré comme intouchable.

L’atterrissage de son appareil, sans autorisation officielle, fait scandale sur l’île Maurice. Les autorités mauriciennes doutent de la véracité de son état de santé. Dix-sept jours après son arrivée sur le sol mauricien, le séjour de Mamy Ravatomanga, prévu au départ comme une simple escale, vire à un imbroglio politico-judiciaire. Selon le confrère RFI, avant le décollage, le vol du 12 octobre a d’abord été présenté par le pilote aux autorités aériennes mauriciennes comme une évacuation médicale. Ensuite, le motif change: tourisme, puis manque de carburant. Une «succession troublante», a relevé Navin Ramgoolam devant le Parlement.

Les autorités mauriciennes ont finalement validé l’autorisation d’atterrir au nom des normes internationales qui obligent une assistance en cas de manque de carburant. Le vendredi 24 octobre, Mamy Ravatomanga et de deux de ses complices présumés ont été arrêtés, dans le cadre d’une enquête menée par la Commission des crimes financiers (FCC) de Maurice.

Dans ce dossier, Maurice travaille main dans la main avec le FBI, explique le Chef du Gouvernement mauricien. Mamy Ravatomanga est, lui, toujours hospitalisé dans une clinique privée. Le ministère de la Santé de l’île Maurice a dépêché ce mardi 28 octobre une équipe de médecins pour en savoir davantage sur l’état de santé du milliardaire malgache. Il est «trop facile de feindre des problèmes cardiaques» pour échapper à la justice, a ironisé le Premier ministre mauricien. 

L’opposition dénonce toujours le laxisme des autorités mauriciennes, alors que la démission ce 26 octobre 2025 de Junaid Fakim, ex-Commissaire de la Commission des crimes financiers, chargé d’enquêter dans cette affaire, soulève des soupçons de collusion et de corruption.

V.A.