Dakar (© 2026 Afriquinfos)- Il y a du remous dans le secteur cimentier au Sénégal. Après des déclarations du Premier Ministre Ousmane Sonko accusant les principaux industriels du pays de bénéficier d’avantages fiscaux injustifiés, ces derniers sont montés au créneau pour mettre en garde contre tout durcissement fiscal. Et mettre en avant leur contribution à l’économie nationale.
Sococim, Dangote, les Cimenteries du Sahel et Ciments de l’Afrique puisqu’il s’agit d’elles, sont les quatre principales industries cimentières installées au Sénégal. Elles sont pointées du doigt par le Chef du gouvernement sénégalais, d’être responsables d’un important manque à gagner pour l’Etat. Ousmane Sonko évoque un montant de 418 milliards d’allègements fiscales indus. Il a annoncé le réalignement immédiat des cimenteries sur le droit commun, ce qui devrait rapporter 360 milliards de recettes supplémentaires par an au Sénégal.
Les quatre grands cimentiers, eux ne l’entendent pas de cette oreille et comptent bien se défendre. Dans un communiqué commun, ils soutiennent que ces avantages fiscaux découlaient de conventions légalement signées avec le gouvernement afin d’attirer les investissements et ont averti que leur suppression pourrait miner la confiance des investisseurs dans le pays. Leur contribution à l’économie du pays est également mise en avant: 600 milliards de francs CFA investis en cinq ans, plus de 10.000 emplois créés, et des prix du ciment parmi les plus bas d’Afrique de l’Ouest.
Sococim, Dangote, les Cimenteries du Sahel et Ciments de l’Afrique préviennent que le mise en vigueur de mesures fiscales plus dures, aurait des conséquences : une hausse des prix du ciment, augmentant ainsi les coûts de construction et affectant le pouvoir d’achat des Sénégalais.
Ce bras de fer entre le PM sénégalais Ousmane Sonko et les cimentiers survient alors que le Gouvernement sénégalais a engagé une revue systématique des conventions signées sous la précédente administration dirigée par Macky Sall. Les industriels, eux, demandent que les conclusions des audits soient d’abord présentées dans un cadre officiel.
Boniface T.



