Washington (© 2025 Afriquinfos)- Si de l’avis populaire, le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a, à nouveau creusé un fossé entre Washington et l’Afrique, il semble pourtant que le continent fait partie des priorités du Président américain. C’est ce qui ressort d’une note du Département d’État américain à l’issue de l’Assemblée générale des Nations-Unies, qui fait le point des rencontres bilatérales entre officiels américains et des délégations africaines ainsi que des projets et partenariats à venir.
Le document rendu public par le Département d’État américain, résume en effet des extraits des déclarations aux médias de Jonathan Pratt, haut responsable du Bureau des Affaires africaines, et de Massad Boulos, conseiller principal du Président Donald Trump pour l’Afrique.
Ainsi on apprend qu’en marge de la 80ème AG des Nations-Unies, le secrétaire d’État, le sous-secrétaire d’État, le sous-secrétaire chargé des Affaires politiques, le conseiller principal Boulos et le haut responsable du Bureau des Affaires africaines, étaient en proie à une « mobilisation intense » autour des affaires africaines.
Ainsi, Jonathan Pratt a fait cas de la réunion au sommet entre le secrétaire d’État américain, Marco Rubio et le Président Kényan, William Ruto, celle du sous-secrétaire d’État avec le ministre des Affaires étrangères de Maurice et a, annoncé dans la foulée que Maurice, sera l’hôte du Sommet commercial États-Unis-Afrique l’année prochaine. M.Pratt a également évoqué sa participation à des discussions bilatérales sur l’énergie ainsi qu’à des évènements liés au secteur, à l’instar de celles organisées à New York par le Mozambique pour promouvoir les ambitions énergétiques du pays d’Afrique Australe. « Nous sommes extrêmement enthousiastes à l’égard de notre politique en Afrique, très axée sur la croissance et les opportunités pour les entreprises américaines, et la semaine a été globalement productive » a déclaré Jonathan Pratt.
Pour sa part, Massad Boulos, conseiller principal du Président Donald Trump pour l’Afrique, a mis en avant les investissements américains sur le continent africain. Que ce soit au Maroc, en rappelant que c’est « dans tout le Maroc, ce qui comprend le Sahara », en Algérie avec l’annonce récente de deux contrats importants avec ExxonMobil et ChevronTexaco dans le domaine de la fracturation hydraulique ainsi qu’un projet de grande envergure dans le secteur agricole. « Cela démontre que notre approche à l’égard du continent africain en général et des investissements en Afrique ne se limite pas au pétrole et au gaz, et certainement pas aux minerais. » a précisé Massad Boulos et d’ajouter que « Nous finançons, contribuons à financer et soutenons toutes sortes de projets dans de nombreux secteurs, à commencer par les infrastructures. Nous avons récemment annoncé plusieurs projets d’infrastructure lors du Sommet commercial États-Unis-Afrique en Angola, notamment dans les domaines de l’électrification et des lignes de transport d’électricité. Des projets d’une valeur totale d’environ 3 milliards de dollars ont été annoncés et signés lors de cet évènement, notamment un projet portuaire au Gabon, des autoroutes, des chemins de fer et certains projets en RDC ».
La Côte d’Ivoire dont l’ économie est considérée par les USA comme « le moteur du continent » a fait l’objet d’une rencontre entre Patrick Achi, ancien Premier Ministre et Massad Boulos. Les échanges ont porté sur les voies et moyens de renforcer les relations politiques, économiques et sécuritaires entre Abidjan et Washington dans un contexte régional marqué par de nombreux défis.
Au plan économique et commercial, M. Patrick ACHI a présenté un état des lieux du potentiel ivoirien, mettant en lumière les opportunités d’investissement, notamment dans la transformation locale des principaux produits. Évoquant l’intérêt des États-Unis pour les projets structurants dans les secteurs des infrastructures, du transport, de l’agriculture, de l’énergie, de l’industrie, des mines et du digital, il a encouragé une implication accrue des entreprises américaines.
Les Etats-Unis vont soutenir le projet d’un nouvel aéroport en Éthiopie qui selon les dires de Massad Boulos « sera probablement le plus grand aéroport d’Afrique et l’un des plus grands au monde ». « Il s’agit d’un projet de 10 milliards de dollars, voire plus », indique le diplomate américain.
Outre le volet économique, le Conseiller principal du Président Donald Trump pour l’Afrique, a fait le tour d’horizon de la situation politique sur le continent. La situation dans le Sahel avec les coups d’Etat et lavènement de régimes militaires est « regrettable et sources d’inquiétudes » pour Washington, laisse entendre Massad Boulos qui indique « Nous collaborons avec plusieurs de nos alliés, partenaires et amis dans la région et ailleurs afin de contenir les évènements qui se déroulent dans la région du Sahel. »
Le dialogue entre la RDC et le M23 et la paix entre le Rwanda et la RDC, ont été également abordés. Pour Massab Boulos, « il y a des avancées positives et des progrès encourageants à Doha » (…) mais s’il existe des obstacles en particulier – il s’agit d’un dialogue interne. C’est un conflit. Il faut s’attaquer aux causes profondes du conflit, et les deux parties sont convenues de se pencher sur ces causes profondes dans la Déclaration de principes du 12 juillet. »
Boniface T.



