Le peuple Dogon est un groupe ethnique qui vit dans l’escarpement de Bandiagara au Mali, en Afrique de l’Ouest. Ils sont connus pour leur cosmologie unique et complexe, qui comprend une connaissance détaillée des étoiles et de l’univers. Le peuple Dogon du Mali possède une riche histoire orale et une connaissance de l’astronomie, et cela remonte à 3200 ans avant JC.
Nichés sur les falaises de Bandiagara, au cœur du Mali, les Dogons sont bien plus qu’un peuple : ils sont les détenteurs d’un des héritages culturels et spirituels les plus riches d’Afrique. Les Dogons seraient arrivés sur les falaises de Bandiagara entre le XIIIe et le XVe siècle, fuyant l’islamisation forcée ou d’autres conflits dans la région.

Leur point d’origine de migration vers leur lieu actuel n’est pas connu, cependant, certains érudits ont retracé leur ascendance jusqu’à l’ancien empire égyptien. Ils sont environ 300 000 habitants et occupent environ 700 villages avec une moyenne d’environ 500 habitants par village. Le peuple Dogon possède une riche histoire orale et une connaissance de l’astronomie, et cela remonte à 3200 av. Ils y ont bâti une civilisation unique, taillée dans la pierre, suspendue entre ciel et terre.

Leur particularité
Les villages dogons sont troglodytes, perchés à flanc de falaise, avec une architecture qui date du millénaire. Les maisons y sont faites de boue et de pierre et présentent des sculptures et des motifs complexes. Leurs masques rituels aux formes géométriques fascinent à travers les âges.
Au-delà de ces éléments, les dogons sont reconnus pour leur maîtrise remarquable de l’astronomie. Leurs observations sur Sirius B, une étoile invisible à l’œil nu, en sont la preuve. Ils ont une connaissance détaillée de l’astronomie, y compris l’emplacement et les mouvements des étoiles, de la lune et des planètes. Ils ont été en mesure de prédire avec précision les événements astronomiques, tels que les éclipses et les cycles de la lune, pendant des siècles. Leurs connaissances astronomiques ont été transmises par la tradition orale et sont considérées comme parmi les plus sophistiquées au monde.
Des études ont montré que leur savoir ancestral intègre des connaissances précises sur des phénomènes stellaires. La spiritualité dogon est basée sur une cosmogonie sophistiquée, transmise oralement par les sages. Selon leurs mythes. Le monde fut créé par Amma, le dieu suprême.
Les étoiles et les jumeaux mythiques Nommo gouvernent la destinée humaine. Ils connaissaient l’existence de l’étoile Sirius B avant même sa découverte scientifique (ce qui a fasciné nombre d’astronomes et d’anthropologues !).
Le savoir astronomique des Dogons intrigue encore aujourd’hui la communauté scientifique.

Rites, masques et danses
Le peuple Dogon est célèbre pour sa grande cérémonie du Sigui (tous les 60 ans), où sont sortis des masques sacrés représentant des esprits, des animaux ou des forces cosmiques. Ces danses ne sont pas de simples spectacles : elles relient les vivants aux ancêtres et aux étoiles.
Chez les Dogons du Mali, chaque masque raconte une histoire. Ces œuvres d’art ne sont pas seulement des objets de beauté, mais des symboles puissants utilisés dans des rituels qui lient le présent à l’histoire et à la cosmologie de ce peuple unique.
Les morts sont sacrés chez les Dogons du Mali. Leurs rituels funéraires comprennent : le Dama. Une cérémonie importante qui honore les défunts. Il existe le petit Dama (organisé après chaque décès) et le grand Dama (organisé tous les trois ou cinq ans pour plusieurs défunts).
Elles sont conduites par les chants de la mort. Des chants spécifiques, confiés à des initiés, sont chantés pendant deux jours lors des cérémonies funéraires, et doivent être respectés.
Quel héritage aujourd’hui ?
Classé Patrimoine mondial de l’UNESCO, le pays dogon est une source d’inspiration artistique et spirituelle mondiale. Les Dogons défendent encore leur autonomie culturelle, malgré les menaces sécuritaires et les tensions locales.
Des artistes, chercheurs, et militants culturels œuvrent pour préserver leur mémoire et leur savoir.
Yaëlle LENGA



