Le Burkina Faso vole dans les plumes de HRW après son Rapport du 02 avril dernier

Le Burkina Faso vient de rejeter catégoriquement un rapport de Human Rights Watch accusant ses Forces armées d’être responsables de la mort de nombreux civils dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

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Le Burkina Faso vole dans les plumes de HRW après son Rapport du 02 avril dernier
Le Capitaine Ibrahim Traoré (photo, DR).

Ouagadougou (© 2026 Afriquinfos)- Le Burkina Faso vient de rejeter catégoriquement un rapport de Human Rights Watch accusant ses Forces armées d’être responsables de la mort de nombreux civils dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Selon l’ONG, l’Armée et ses supplétifs civils, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), seraient responsables de 1.255 morts dont 1.800 civils entre janvier 2023 et août 2025, soit plus que les groupes jihadistes.

Dans un communiqué publié le 5 avril 2026, les autorités ont qualifié ce document intitulé ‘’Personne ne pourra s’échapper’’ de ‘’faux’’ et dénoncé des accusations ‘’infondées’’.

Le porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a dénoncé un ‘’tissu de conjectures’’et un document ‘’déconnecté des réalités du terrain’’. Les autorités remettent également en cause la méthodologie de l’enquête, estimant qu’elle vise à ‘’diaboliser les patriotes burkinabè’’.

Ouagadougou affirme, au contraire, que ses forces armées mènent leurs opérations « avec professionnalisme » et dans le respect de la vie des civils, dans un contexte de lutte contre des groupes jihadistes actifs dans le pays.

Sans détailler précisément les éléments contestés, Ouagadougou accuse l’ONG de servir des intérêts ‘’ néocoloniaux’’ et de participer à une tentative de déstabilisation du Burkina Faso. Les autorités évoquent même la possibilité de prendre des ‘’mesures fermes’’ contre ce qu’elles qualifient ‘’d’officines impérialistes’’.

Dans son document, Human Rights Watch évoque des ‘’crimes de guerre’’ et des ‘’crimes contre l’humanité’’, pointant également la responsabilité de hauts responsables, dont le capitaine Ibrahim Traoré. Elle indique s’être appuyée sur plus de 450 témoignages recueillis au Burkina Faso et dans plusieurs pays voisins, dont le Mali, le Ghana et la Côte d’Ivoire, pour documenter ces exactions présumées.

L’organisation appelle la Cour pénale internationale à ouvrir une enquête sur la situation dans le pays. Cette controverse intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu, marqué par une recrudescence des violences liées aux groupes armés dans le pays.

Depuis plusieurs années, le Burkina Faso est confronté à une insurrection jihadiste meurtrière, notamment menée par des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Malgré les opérations militaires, les violences persistent, plaçant le pays au cœur d’une crise sécuritaire majeure en Afrique de l’Ouest.

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