Lomé (© 2025 Afriquinfos)- A la faveur de la commémoration des 73 ans de la «Révolution égyptienne» ce 23 juillet 2025 à Lomé, l’Ambassadeur Mohamed Eid d’Egypte s’est épanché sur les qualités intrinsèques des Togolais. Du plus haut dirigeant aux citoyens lambda. En s’attardant sur les images saisissantes qu’il garde déjà de ce pays, en près de trois années de séjour diplomatique. «Lomé m’a accueilli comme un hôte, et m’a transformé en ami», a résumé ce diplomate dans son message soigné. In extenso, son adresse touchante.

«Ma première rencontre avec Lomé ne date pas de ma prise de fonctions diplomatiques. C’était en 2001, lors d’un court séjour en provenance du Ghana. À l’époque, je n’étais qu’un jeune diplomate en mission, curieux de cette capitale discrète qui borde l’océan. J’y ai passé quelques heures, à peine le temps de saisir une atmosphère, un rythme, une promesse silencieuse.
Vingt ans plus tard, le destin diplomatique me ramène à Lomé ! Le 31 octobre 2022, il y a deux ans donc, j’atterrissais à nouveau à l’Aéroport international de la capitale togolaise, cette fois en tant qu’ambassadeur plénipotentiaire de la République arabe d’Égypte. Cette fois-ci, je venais pour rester.
Dès les premières heures, j’ai été frappé par la courtoisie paisible des Togolais, par cette chaleur tranquille et bienveillante qui se lit dans les gestes simples, les sourires spontanés. Lomé ne cherche pas à impressionner, elle s’offre en douceur, sans bruit, et c’est ce qui la rend si attachante.
Au fil des jours, j’ai redécouvert la ville. Le bord de mer au coucher du soleil. Le marché aux tissus et aux épices. La Cathédrale du Sacré-Cœur, silencieuse et majestueuse. Les rues animées du centre-ville. J’ai visité les villages environnants, assisté à des cérémonies traditionnelles riches de symboles, et partagé avec les Togolais des moments d’une rare intensité culturelle.

À un moment particulier, j’ai senti que mon intégration passait aussi par une dimension spirituelle. Je n’ai pas eu l’honneur de le rencontrer de son vivant, mais j’ai assisté avec respect et émotion à la messe célébrée en hommage à Monseigneur Yves Nicodème Anani Barrigah-Benissan-que Dieu bénisse son âme-.
Ce moment solennel, partagé avec tant de Togolais recueillis, m’a profondément marqué ! J’y ai ressenti la force du lien entre foi, tradition et communauté dans ce pays. Recevoir cette bénédiction posthume, à travers la mémoire collective et l’hommage rendu, fut pour moi un acte de profonde connexion avec le Togo !
À travers ces échanges, j’ai souvent perçu leur profonde admiration pour l’Égypte. Avec émotion et fierté, ils murmurent: «Vous venez de la terre des pyramides… de Mohamed Salah… des Pharaons…».
Mais, au-delà de l’image symbolique, j’ai découvert chez mes interlocuteurs togolais une connaissance réelle et précise des capacités égyptiennes -qu’il s’agisse de coopération technique, d’infrastructure, d’éducation, de santé ou de sécurité-.
Ils savent ce que l’Égypte peut concrètement apporter, et expriment souvent une attente sincère de partenariats utiles et durables.
Plus que tout, j’ai été impressionné par la qualité humaine des responsables togolais que j’ai rencontrés. Leur ouverture au dialogue, leur sens de l’État, leur attachement à la stabilité et au progrès font d’eux des partenaires et des amis précieux. Le climat de confiance mutuelle a permis à nos relations bilatérales de progresser de manière concrète.

Deux années se sont écoulées. Deux années de travail, d’échanges, d’apprentissage ! Deux années d’amitié sincère avec le peuple togolais. Et si je devais résumer cette expérience en une seule phrase, ce serait: ‘Lomé m’a accueilli comme un hôte, et m’a transformé en ami’».
Edem G.



