Grand-messe mondiale 2026 des Gouvernements locaux à Tanger pour systématiser le développement à la base

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8ème édition du Congrès mondial de l’organisation des cités et gouvernements locaux unis (CGLU) (DR)

Tanger (© 2026 Afriquinfos)- Tanger, l’incontournable ville portuaire marocaine accueille depuis ce 22 juin, et ce jusqu’au 25 juin 2026, les travaux de la 8ème édition du Congrès mondial de l’organisation des cités et gouvernements locaux unis (CGLU).  C’est la 2ème fois que le royaume abrite cet événement planétaire après le 4ème qui s’est déroulé à Rabat en 2013. Et c’est ainsi que plus de 3.000 participants sont séjournent à Tanger autour de cette rencontre dont l’enjeu est important.

Les travaux de la 8ème édition du Congrès mondial de l’organisation des cités et gouvernements locaux unis (CGLU), est placée cette année sous le thème «Une nouvelle génération de services publics locaux universels».

Plus de 3.000 participants prennent part à cet événement d’envergure internationale. Ministres chargés de la décentralisation et des collectivités locales, maires de grandes métropoles et de capitales mondiales, experts, acteurs économiques, professionnels de la gestion locale et représentants des médias, tous ont répondu présent à cet événement considéré comme l’un des plus majeurs du mouvement municipal mondial.

Son organisation intervient dans un contexte mondial marqué par une dynamique visant à renforcer le rôle des gouvernements locaux et régionaux face aux défis croissants du développement, du climat et de l’inclusion sociale. Les enjeux sont clairs à ce stade, à savoir consolider leur contribution active à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), en tant que partenaires incontournables dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques territoriales.

Ce congrès est appelé à constituer ainsi un tournant décisif dans la trajectoire de l’organisation. Il sera marqué par le renouvellement de ses instances de gouvernance, l’adoption de nouvelles orientations stratégiques pour l’après-2030, la consolidation des fondements du Pacte social local, ainsi que le renforcement de l’influence des gouvernements locaux dans les processus décisionnels mondiaux.

Le message du souverain aux participants

Les villes entendent désormais peser sur les grandes orientations de la gouvernance internationale. Un message largement partagé lors de la cérémonie d’ouverture, marquée par la lecture du Message adressé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI aux participants et par les interventions du maire de Tanger, Mounir Laymouri, et du président mondial de CGLU, Lee Jang-Woo.

Dans Son Message, dont lecture a été donnée par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, le Souverain a défendu une vision où la gouvernance territoriale devient un levier central de justice sociale, de cohésion territoriale et de développement durable. «La gouvernance territoriale n’est plus seulement une affaire d’ordre administratif ou de logique organisationnelle», souligne le Message Royal. Elle constitue désormais un instrument essentiel pour réduire les inégalités, restaurer la confiance entre citoyens et institutions et traduire les engagements internationaux en projets concrets au niveau local.

Le Message Royal a également permis de remettre en avant l’un des grands chantiers institutionnels du Royaume : la régionalisation avancée. Présentée comme un choix stratégique, celle-ci vise à renforcer la démocratie locale, libérer les potentiels des territoires et construire un développement fondé sur les spécificités de chaque région. Au-delà du cas marocain, le Souverain a mis en avant une vision où les collectivités territoriales ne sont plus de simples relais de l’administration centrale mais des acteurs à part entière de la transformation économique, sociale et environnementale. Un positionnement qui résonne particulièrement avec les attentes d’un mouvement municipal mondial en quête de reconnaissance institutionnelle.

Pourquoi Tanger ?

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette édition se tient à Tanger. Dans son allocution, le maire de la ville, Mounir Laymouri, a rappelé la vocation historique de la cité du Détroit comme espace de rencontre entre les civilisations et les continents. Carrefour entre la Méditerranée et l’Atlantique, porte de l’Afrique sur le monde, Tanger symbolise selon lui un Maroc ouvert, tourné vers le dialogue et la coopération internationale.

Pour le président de l’Association marocaine des présidents des conseils communaux, l’organisation de ce congrès constitue également une reconnaissance internationale du parcours accompli par le Royaume en matière de décentralisation et de développement territorial durable. Il y voit aussi la consécration du rôle croissant de la diplomatie territoriale comme instrument de rapprochement entre les peuples et de coopération entre collectivités.

Les ports ne parlent plus seulement le langage du commerce. Ils parlent désormais celui de l’intelligence artificielle, des données, de la transition écologique et de la coopération territoriale. C’est ce changement de paradigme qu’ont exploré les intervenants du premier focus du Circuit Tanger-Maroc du Congrès mondial de CGLU, consacré aux écosystèmes des villes portuaires. Au cœur des débats : comment faire des ports africains des leviers de développement capables de relier les territoires, créer de l’emploi et accompagner les grandes mutations du continent.

Cette revendication d’une plus grande place pour les territoires a trouvé un écho particulier dans le discours de Lee Jang-Woo, président mondial de CGLU et maire de Daejeon. Revenant sur les avancées enregistrées depuis le congrès de Daejeon en 2022, il a salué la reconnaissance officielle des gouvernements locaux et régionaux dans le Pacte des Nations unies pour l’avenir adopté en 2024, une étape qu’il a qualifiée de victoire historique pour le mouvement municipal mondial.

Pour Lee Jang-Woo, les collectivités locales sont aujourd’hui les institutions les plus proches des citoyens, les premières à répondre aux crises et les mieux placées pour transformer les droits en réalités concrètes. «La proximité n’est pas une limitation. C’est notre plus grande force», a-t-il lancé devant les participants.

Au-delà des discours protocolaires, la cérémonie d’ouverture a délivré un message politique clair : dans un monde confronté aux crises climatiques, aux tensions géopolitiques, aux fractures sociales et aux défis migratoires, les solutions ne pourront plus être conçues uniquement depuis les capitales ou les organisations internationales. Des villes aux régions, les territoires revendiquent désormais leur place dans la définition des politiques publiques mondiales.

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