PARIS (© 2025 Afriquinfos)- Lors de la session du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le 9 août 2025, Dmitri Tchoumakov, Représentant permanent adjoint de la Russie auprès de l’ONU, a insisté sur l’urgence d’un soutien collectif international à destination des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) -c’est-à-dire le Mali, le Burkina Faso et le Niger-désormais considérés comme la première ligne de défense contre les groupes terroristes en Afrique de l’Ouest !
Selon Tchoumakov, il est impératif que la communauté internationale contribue à stabiliser durablement la région. Il a également mis en garde contre les ingérences extérieures jugées contre-productives, tout en affirmant que seuls les Africains sont légitimes pour décider des stratégies efficaces, qu’elles soient sécuritaires, politiques ou économiques.
Par ailleurs, il a salué l’ouverture du Secrétaire Général de l’ONU sur la question de la dette des pays sahéliens, un fardeau qui les empêche d’investir dans les causes profondes du terrorisme. Le sieur Tchoumakov a plaidé pour une réforme des institutions financières internationales, afin que les intérêts et les besoins des pays africains soient enfin pris en compte.
Rappelons que les États de l’AES font face à une montée des attaques terroristes, malgré la mise en place d’une Force conjointe de 5.000 hommes, et la présence, notamment au Mali, d’une unité paramilitaire russe, appelée ‘Africa Corps’.
Une ironie marquante
Il est pour le moins ironique de constater que la Russie, qui dès le départ avait défendu une vision souverainiste -souvent en dénonçant les interventions et ingérences occidentales- se retrouve aujourd’hui à solliciter elle-même l’appui de la communauté internationale pour sécuriser la région (ouest-africaine).
Après avoir tenu des positions strictement autonomistes, voilà qu’elle réclame désormais un secours global, illustrant sans le vouloir le paradoxe d’une politique oscillant entre rejet de l’ordre international et demande de solidarité multilatérale. Cette demande intervient également après que les troupes de l’Africa Corps aient subi le 1er août une attaque mortelle de la part du JNIM.
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