UEMOA: Fronde de l’AES, divergence autour de la présidence tournante du Conseil des ministres

Afriquinfos Editeur
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Les instances de l'UEMOA lors de la session ministérielle du 11 juillet 2025 à Lomé (photo, DR).

LOME (© 2025 Afriquinfos)- Les représentants de la Confédération de l’AES (Alliance des Etats du Sahel) ont claqué ce 11 juillet 2025 à Lomé (Togo), la porte des travaux de la 2e session ordinaire annuelle du Conseil des ministres de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine). Une session dont la poursuite des travaux a été reportée sine die par les autorités communautaires au moyen d’un communiqué laconique rendu public dans la soirée de ce 11 juillet.

Selon des sources officielles du Burkina Faso, ce report est intervenu suite à un défaut d’accord entre ministres de l’UEMOA autour de «la désignation du Burkina Faso pour présider le Conseil des ministres de l’institution» regroupant depuis janvier 1994 huit Etats ayant en commun l’usage du CFA.

Des délégations du Togo et du Niger à la session ministérielle de ce 11 juillet 2025 à Lomé (photo, DR).

Conformément à l’article 11 du Traité de l’UEMOA, la «présidence du Conseil des ministres «est tournante et assurée par l’un des ministres chargés des Finances des Etats membres, et ce pour un mandat de deux ans». La présidence de ce Conseil ministériel est assurée actuellement par la Côte d’Ivoire qui devait donc passer la main ce 11 juillet.  

Adama Coulibaly, (président du Conseil des Ministres de l’UEMOA, ministre des Finances et du Budget de la Côte d’Ivoire).

Le différend entre les argentiers de l’UEMOA est né selon les représentants de l’AES à cette grand-messe communautaire de l’absence de consensus sur la désignation du Burkina Faso pour assurer la présidence tournante du Conseil, conformément au Traité précité. Devant cette donne, les ministres en charge de l’Economie du Burkina Faso, du Mali et du Niger se sont retirés de la session.

«En se retirant définitivement de la CEDEAO» fin janvier 2025, les Etats de l’AES ont décidé de continuer à être membres de l’UEMOA.

Session ministérielle du l’UEMOA du 11 juillet, un agenda pourtant bien chargé

La session ministérielle de Lomé écourtée a été présidée par Adama Coulibaly, (président du Conseil des Ministres de l’Union, ministre des Finances et du Budget de la Côte d’Ivoire). A l’agenda de ces travaux figuraient, au titre de la Commission de l’UEMOA, «le rapport semestriel d’exécution de la surveillance multilatérale de juin 2025, le projet de Décision instituant l’EHCVM (Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages) au sein des Etats de l’UEMOA, ainsi que deux stratégies relatives à la promotion et au développement du secteur privé de l’Union».

 Au titre de l’AMF-UMOA (Autorité des Marchés Financiers), le Conseil ministériel devait examiner «les comptes annuels pour l’exercice 2024». Et au titre de la BCEAO, «le remplacement du représentant du Sénégal au sein du CSF-UMOA (Comité de Stabilité Financière dans l’UMOA)». La poursuite et la fin de ces travaux ministériels ont été reportées sine die. Le ministre Adama Coulibaly a tenu à cet égard un langage diplomatique et mesuré: «À l’issue des échanges et en vue d’approfondir la réflexion sur certains points de l’ordre du jour de ce 11 juillet, le Conseil des ministres a décidé de la poursuite de ces travaux à une date ultérieure». Un report intervenu après six heures d’échanges, a tempéré une source officielle du Togo, pays hôte.

GGKE