La rue marocaine remontée contre une peine de mort singulière ciblant les Palestiniens en Israël

A Rabat, les manifestants ont à nouveau exprimé leur rejet de la normalisation de leur pays avec Israël, normalisation actée fin 2020.

Afriquinfos Editeur
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Manifestation à Rabat en soutien aux Palestiniens et contre une récente loi israélienne sur la peine de mort, le 19 avril 2026 à Rabat.
Manifestation à Rabat en soutien aux Palestiniens et contre une récente loi israélienne sur la peine de mort, le 19 avril 2026 à Rabat.

Plusieurs milliers de Marocains ont manifesté ce 19 avril à Rabat en soutien aux Palestiniens et contre une récente loi israélienne sur la peine de mort, taillée sur mesure pour ne s’appliquer qu’à eux, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le cortège a défilé le long de l’avenue Mohammed V au centre de la capitale, brandissant des drapeaux palestiniens et marocains. Plus de 5.000 personnes étaient rassemblées, selon les journalistes de l’AFP. Aucun chiffre n’a été donné par les autorités. « Non à la peine de mort« , « non à l’occupation et au sionisme« , « Gaza affamée« , scandaient les manifestants, venus à l’appel du Groupe d’action national pour la Palestine, rassemblant des islamistes dont le Parti Justice et développement (PJD), et des militants de gauche.

« Je manifeste aujourd’hui contre la situation alarmante à Gaza et le ciblage des civils« , a déclaré à l’AFP Najoua Ouahbi, 26 ans. « Nous apportons notre soutien aux prisonniers palestiniens qui sont menacés par cette nouvelle loi sur la peine de mort« , a expliqué pour sa part Aziz El Hannaoui, un membre de la coalition organisatrice.

Manifestation à Rabat en soutien aux Palestiniens et contre une récente loi israélienne sur la peine de mort, le 19 avril 2026 à Rabat.
Manifestation à Rabat en soutien aux Palestiniens et contre une récente loi israélienne sur la peine de mort, le 19 avril 2026 à Rabat.

A Rabat, les manifestants ont à nouveau exprimé leur rejet de la normalisation de leur pays avec Israël, normalisation actée fin 2020. Selon cette loi israélienne, toute personne « qui cause intentionnellement la mort d’une (autre) dans le but de porter atteinte à un citoyen ou résident israélien, avec l’intention de mettre fin à l’existence de l’Etat d’Israël, sera condamnée à mort ou à la prison à perpétuité« .

Pour les Palestiniens de Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, le texte prévoit que la peine capitale soit la sanction par défaut si l’homicide est qualifié d’acte de terrorisme par la justice militaire israélienne. La peine de mort existe en Israël mais n’a été appliquée qu’à deux reprises depuis 1948.

Plusieurs manifestations propalestiniennes de grande ampleur ont eu lieu au Maroc après le début de la guerre dans la bande de Gaza, le 7 octobre 2023, déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël. Plus de 72.500 personnes y ont été tuées depuis octobre 2023, dont plus de 770 depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu fragile le 10 octobre 2025, selon le ministère palestinien de la Santé.

© Afriquinfos & Agence France-Presse