Tripoli (© 2026 Afriquinfos)- En proie à de fortes dissensions internes au point d’être dirigé par deux gouvernements, depuis la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye veut malgré tout, redonner de l’allant à son économie. Pour la première fois depuis 17 ans, le pays a annoncé l’attribution de blocs pétroliers à des compagnies étrangères. Preuve que la confiance n’est pas encore totalement revenue, sur les 20 blocs proposés dans l’appel d’offres, seulement cinq (5) ont trouvé preneurs.
La National Oil Corporation (NOC), société publique libyenne, a annoncé avoir attribué 5 blocs pétroliers à des compagnies internationales. C’est une première depuis 17 ans. Depuis la chute de Mouammar Kadhafi et les troubles qui s’en sont suivis, le pays, possédant les plus vastes réserves pétrolières d’Afrique, était perçue comme trop instable pour des engagements de long terme.
Parmi les attributions, l’américain Chevron obtient la licence Sirte S4. L’Italien Eni et QatarEnergy ont constitué un consortium pour exploiter la zone offshore 01. Un autre consortium, réunissant l’Espagnol Repsol, le Hongrois MOL et la compagnie publique turque TPOC, a été retenu pour la zone offshore 07, tandis que l’indépendant nigérian Aiteo décroche le bloc Murzuq M1. Pour M. Masoud Suleiman, Directeur de la compagnie publique libyenne NOC : « ces concessions marquent le retour de la confiance et la reprise du travail institutionnel dans l’un des secteurs les plus importants du pays après une longue période d’arrêt et de défis »
Pour autant, si les compagnies étrangères font leur grand retour en Lybie, ce n’est pas encore la ruée. En effet, seules cinq concessions ont trouvé preneurs sur les 20 soumis dans l’appel d’offres publié par la NOC. Certaines zones n’ont pas trouvé preneur en raison de divergences sur les engagements de forage et les niveaux de participation. Ces résultats devraient permettre d’ajuster les termes contractuels pour les rapprocher des standards internationaux, tandis que des négociations sont prévues pour les blocs restés vacants.
L’ambition des autorités libyennes, est de porter la production annuelle à 2 millions de barils par jour à moyen terme. Le secteur est en effet en pleine relance après des années de fluctuations : la production actuelle atteint environ 1,4 million de barils par jour, avec un objectif de 1,6 million d’ici fin 2026.
Malgré ces voyants au vert pour le secteur pétrolier, l’instabilité politique demeure un facteur limitant. La Libye peine à se redresser depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux exécutifs s’y disputent le pouvoir : l’un basé à l’ouest, reconnu par l’ONU et dirigé par M. Dbeibah et un gouvernement parallèle installé à Benghazi à l’est, contrôlé par le clan du maréchal Haftar.
Boniface T.



