Paris (© 2025 Afriquinfos)- La France annonce la suspension de la coopération antiterroriste entre les deux pays, en réaction à l’arrestation d’un diplomate français en août. Bamako accuse la France d’être derrière une tentative de déstabilisation de ses institutions.
La relation franco-malienne n’a jamais été aussi mauvaise. Après avoir militairement quitté le pays en 2022, la France annonce avoir suspendu sa coopération antiterroriste avec Bamako et sommé deux diplomates maliens de quitter son territoire. Ces derniers, membres de l’ambassade et du consulat du Mali à Paris, ont été « déclarés persona non grata » et ont jusqu’à samedi pour quitter la France, a déclaré une source diplomatique française.
Cette décision fait suite à l’arrestation, le 15 août, à Bamako, d’un agent diplomatique français. Ce dernier est soupçonné par la junte militaire au pouvoir au Mali de travailler pour le « service de renseignement français ». Les autorités du président Assimi Goïta accusent des « Etats étrangers », dont la France, d’être derrière une tentative de déstabilisation des institutions menée par « un groupuscule d’éléments marginaux des forces armées de sécurité malienne ».
Des propos balayés par le ministère français des Affaires étrangères qui dénonce des « accusations sans fondement » et demande la « libération sans délai » de son ressortissant, membre de l’ambassade de France.
« Le Mali viole délibérément une des règles les plus fondamentales du droit international, s’agissant d’un agent diplomatique dûment accrédité par les autorités maliennes. Face à un acte d’une telle gravité et d’une telle hostilité, la France a décidé de suspendre la coopération avec le Mali dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans ce pays à laquelle contribuait jusqu’à son arrestation l’agent qui a été arbitrairement arrêté », a déclaré la source diplomatique française.
« Nous avons informé les autorités maliennes, via leur chargé d’affaires à Paris, que d’autres mesures seraient mises en oeuvre à court terme, si notre ressortissant n’était pas libéré rapidement », a-t-elle ajouté. Selon cette même source, les autorités maliennes, informées des mesures françaises, ont réagi en déclarant de leur côté persona non grata « cinq personnels » de l’ambassade de France, qui avaient déjà quitté le Mali dimanche.
Ce énième épisode illustre la dégradation continue des relations historiques entre la France et le Mali, depuis l’arrivée au pouvoir d’une junte militaire après deux coups d’Etat, en 2020 et 2021. Bamako fait face à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires.
Les autorités de Bamako se sont depuis détournées de leurs partenaires occidentaux, notamment la France, pour se tourner politiquement et militairement vers la Russie. L’armée malienne et ses alliés, les mercenaires russes d’Africa Corps, chargés notamment de traquer les djihadistes, sont régulièrement accusés de commettre des exactions contre des civils.
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