Pékin (© 2026 Afriquinfos)- Wang Yi, Membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois et Ministre des Affaires étrangères, sur la politique étrangère et les relations extérieures de la Chine, s’est prononcé ce 8 mars 2026 autour de la crise que secoue le Moyen-Orient depuis quelques semaines. Il s’est exprimé devant la presse, lors de la quatrième session de la 14e Assemblée populaire nationale
D’après le diplomate chinois, pour faire face à cette crise, la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran et des autres pays du Golfe doivent être respectées et ne doivent souffrir aucune violation.
Deuxièmement, soutient-t-il, il combattre l’abus de la force. La force n’est pas synonyme de raison. Le monde ne doit pas être régné de nouveau par la loi de la jungle. Le recours arbitraire à la force n’est pas la preuve de la puissance. Et les peuples ne doivent pas être sacrifiés par la guerre.
Troisièmement, poursuivre la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui. Les peuples du Moyen-Orient sont maîtres de la région et les affaires du Moyen-Orient doivent être décidées par les pays de la région en toute indépendance. Fomenter les révolutions de couleur et le changement de régime ne trouvera pas de soutien.
Quatrièmement, résoudre les dossiers brûlants par voie politique. Préconisant depuis toujours la primauté de l’harmonie, la Chine appelle les différentes parties à retourner rapidement à la table de négociations, à résoudre les divergences à travers un dialogue d’égal à égal et à œuvrer ensemble à la sécurité commune.
Cinquièmement, les grands pays doivent jouer un rôle constructif et exercer leur puissance avec bonne volonté. Comme dit un vieil adage chinois, en l’absence de la bienveillance et de la justice, les rapports entre l’attaque et la défense seront inversés. Les grands pays doivent défendre la justice et poursuivre la bonne voie pour apporter plus d’énergies positives à la paix et au développement au Moyen-Orient.
En tant qu’amie sincère et partenaire stratégique des pays du Moyen-Orient, la Chine souhaite travailler avec eux à mettre en œuvre l’Initiative pour la sécurité mondiale, afin de rendre l’ordre au Moyen-Orient, la tranquillité à ses peuples et la paix au monde.
‘’L’Initiative pour la gouvernance mondiale avancée par le Président Xi Jinping est d’une grande pertinence contemporaine. Elle a reçu, dès son lancement, l’écho favorable et le soutien de plus de 150 pays et organisations internationales. Au moment de son lancement, le Secrétaire général de l’ONU a souligné que la vision clé de cette initiative s’inscrivait dans la même ligne des valeurs poursuivies par l’ONU. Le Groupe des amis de la gouvernance mondiale a été créé, à l’initiative de la Chine, au siège de l’ONU à New York et à son office à Genève. De nombreux pays, notamment les pays du Sud global, l’ont rejoint’’, a aussi fait observer M. Wang.
D’après Wang Yi, l’exigence la plus claire de cette initiative, c’est que l’ONU doit se mettre en phase avec notre temps, perfectionner le système de gouvernance par la réforme et s’adapter à l’évolution de la situation internationale et au changement du rapport de forces mondial du 21e siècle. Il faut surtout renforcer le droit à la parole et la représentation des pays du Sud global, refléter davantage les revendications justes des pays en développement et poursuivre l’objectif de construire un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable.
Rappelant que la Chine est membre fondateur de l’ONU et défenseur résolu de la cause onusienne, elle a souligné qu’en tant que plus grand pays en développement, la Chine est bien consciente des attentes ardentes des pays du Sud global.
Relations sino-américaines
M. Wang a reconnu que les relations entre les États-Unis et la Chine ont connu des hauts et des bas depuis le retour du Président Trump
‘’Les relations sino-américaines ont des répercussions sur toutes les parties et revêtent une portée mondiale. L’absence d’échanges entre les deux pays ne mène qu’aux malentendus et aux erreurs d’appréciation, et aller vers le conflit et la confrontation nuira au monde entier. La Chine et les États-Unis sont tous les deux grands pays. Aucun des deux pays ne peut changer l’autre partie, mais ils peuvent changer leur façon de s’entendre. Ils doivent poursuivre le respect mutuel, respecter la ligne rouge de la coexistence pacifique et œuvrer aux perspectives de coopération gagnant-gagnant. Cela est dans l’intérêt des deux peuples et répond aux attentes de la communauté internationale’’, a-t-il dit.
Cependant, a-t-il poursuivi : ‘’nous nous réjouissons de voir que l’engagement personnel des deux Chefs d’État a permis de maintenir de bons échanges au plus haut niveau, apportant une importante garantie stratégique à l’amélioration et au développement des relations sino-américaines qui ont traversé des hauts et des bas et en favorisant une stabilité globale. Cette année sera une année importante pour les relations sino-américaines, et l’agenda des échanges de haut niveau est sur la table. Dès à présent, les deux parties doivent faire des préparatifs minutieux, créer un environnement adapté, gérer les risques existants et éviter toute perturbation inutile.
L’attitude de la Chine est depuis toujours active et ouverte. Il est essentiel que les États-Unis travaillent dans le même sens. Je suis sûr qu’avec la sincérité et la confiance, la Chine et les États-Unis pourront allonger la liste de la coopération et raccourcir la liste des problèmes, obtenir, sous le pilotage stratégique des deux Chefs d’État, des résultats satisfaisants pour les deux peuples et des consensus salués par la communauté internationale, de sorte à faire de l’année 2026 une année phare marquée par un développement sain, stable et durable des relations sino-américaines’’.
Le Président Donald Trump est d’ailleurs attendu en Chine pour une visite officielle.
Vignikpo Akpéné



