Yaoundé (© 2026 Afriquinfos)- Le Cameroun sera-t-il prêt pour abriter la 14e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) prévue pour se tenir du 26 au 29 mars ? La question se pose à 8 jours du démarrage de la rencontre censée se tenir à Yaoundé, la capitale camerounaise.
La14e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) doit rassembler quelque 4 000 délégués venus de 160 pays. Mais à 8 jours de l’ouverture, il est noté des retards dans la livraison des chantiers, doute sur l’état de la voirie, inquiétude autour du système de délivrance des visas… Sans parler de la capacité d’accueil d’une ville qui, malgré la rénovation du fameux hôtel Mont-Fébé, ne dispose que d’un millier de chambres.
Une possible délocalisation de l’événement à Genève
Alors que des rumeurs font état d’une possible délocalisation de l’événement à Genève, le gouvernement camerounais se montre rassurant.
Le 16 mars, Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministère camerounais du Commerce, s’est ainsi fait l’écho d’une réunion qu’il a eue avec le secrétariat général de l’OMC, avec la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, la directrice générale de l’organisation, et avec plusieurs ministres des États membres. « Nous nous sommes accordés sur les derniers détails. On aura noté l’enthousiasme évident de tous les pays, qui sont impatients d’arriver à Yaoundé », a-t-il commenté.
Le 11 mars 2026, le ministre camerounais des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, a réuni l’ensemble du corps diplomatique en préparation de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC prévue du 26 au 29 mars au Palais des Congrès de Yaoundé.
Lors d’une rencontre, dirigée conjointement par les ministres Lejeune Mbella Mbella (Relations extérieures) et Luc Magloire Mbarga Atangana (Commerce), en présence des membres du corps diplomatique et de la presse, il a été annoncé que le pays était prêt à 75%.
Yaoundé entend utiliser cet événement diplomatique pour tourner la page du scrutin présidentiel d’octobre 2025 et des violences qui avaient éclaté dans la foulée. Le sommet de l’OMC sera suivi d’un autre temps fort international, à la mi-avril : la visite du pape Léon XIV, qui se rendra à Yaoundé, à Bamenda et à Douala.
Le volontarisme du gouvernement camerounais et l’entrain du ministre du Commerce tranchent avec le climat d’incertitude qui a entouré l’organisation de la conférence. Les retards dans la livraison de certains chantiers ont suscité de profondes inquiétudes à Genève, au siège de l’OMC, et celle-ci s’est émue des insuffisances supposées des capacités d’accueil de la capitale camerounaise.
La rénovation de l’hôtel Mont-Fébé a été au cœur des préoccupations. Sera-t-elle suffisante ? « Les délégations seront forcément réduites, assure un observateur. On annonce 4 000 participants, mais Yaoundé n’a environ que 1 000 chambres disponibles, et encore faut-il que celles du Mont-Fébé soient prêtes.«
Ngozi Okonjo-Iweala a indiqué, en interne, que les préparatifs de la conférence ministérielle devaient se poursuivre comme prévu, et que les dispositions relatives à la tenue du sommet au Cameroun restaient inchangées. Ce n’est toutefois pas tout à fait le cas : les réunions préparatoires se déroulent en ce moment à Genève, et non à Yaoundé.
Selon un communiqué local du comité local, parmi les délégations qui ont déjà confirmé leur présence, figurent le milliardaire nigérian Aliko Dangote, le Français Philippe Varin, président de la Chambre de commerce internationale. Ces derniers donneront le coup d’envoi de l’événement aux côtés de Ngozi Okonjo-Iweala. La délégation chinoise a, quant à elle, annoncé la venue de Wang Wentao, son ministre du Commerce. Son homologue américain Jamieson Greer, n’a cependant pas encore confirmé sa présence.
Vignikpo Akpéné



