Contester les velléités de 3è mandat en RDC: L’Opposition et la coalition au pouvoir campent sur leurs propositions de principe

Afriquinfos Editeur
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Les manifestants dans lesrues de Kinshasa ce 15 septembre (DR-Rfi )

Kinshasa (© 2026 Afriquinfos)- Alors qu’elle avait été autorisée par les autorités, la marche de la Coalition Article 64 (C64), prévue ce mardi 15 septembre 2026 à Kinshasa, a dégénéré en affrontements. Des heurts ont éclaté entre partisans d’opposition et militants pro-gouvernement, lors du rassemblement contre le projet de modification de la Constitution. Des tensions ont également été signalées dans plusieurs autres grandes villes du pays.

A Kinshasa, plusieurs centaines de partisans de l’opposition se sont rassemblés dans la matinée sous une forêt de drapeaux aux couleurs des principaux partis membres de la C64.

Des policiers anti-émeutes étaient déployés en nombre le long du parcours prévu pour le cortège, ainsi qu’aux principaux carrefours de la capitale où la circulation était inhabituellement fluide.

Après le départ du cortège, des affrontements ont rapidement éclaté entre des miliciens pro-régime et des partisans de l’opposition. La police est intervenue avec des tirs de gaz lacrymogène, obligeant les manifestants à refluer en désordre.

A Lubumbashi, grande ville minière du sud-est de la RDC et capitale de la province du Haut-Katanga, fief de l’ancien Président Joseph Kabila (2001-2019), la manifestation de l’opposition avait été interdite par les autorités locales.

De nombreux militants se sont toutefois rassemblés dans le centre-ville avant d’être dispersés par des tirs de sommation et de gaz lacrymogène. Plusieurs personnes ont été interpellées par la police, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Fayulu accuse Tshisekedi de guet-apens à la marche C64

Martin Fayulu, l’un des leaders de cette plateforme d’opposition, accuse le Président Félix Tshisekedi d’avoir orchestré un guet-apens contre les manifestants. Selon son récit, des éléments de la Force du progrès, une structure liée à l’UDPS, étaient positionnés devant les policiers chargés de sécuriser la manifestation, armés de machettes.

Devant la presse, Martin Fayulu a décrit une scène de chaos. « Je n’ai pas marché, ça m’a cueilli à froid. Comme j’ai détalé, parce qu’il fallait détaler. C’était une course de front », a-t-il témoigné. Il affirme avoir été confronté à des combattants de la Force du progrès « à trois mètres de moi avec des machettes ». L’opposant dit avoir eu la vie sauve grâce à sa garde rapprochée, qui lui a conseillé de faire demi-tour.

Au nom de la Coalition Article 64, Martin Fayulu a annoncé le dépôt d’une plainte internationale contre Félix Tshisekedi. « Nous allons déposer une plainte internationale contre Félix Tshisekedi pour les violences qu’il nous a fait subir. Il veut rester le plus longtemps possible au pouvoir, ça ne marchera pas », a-t-il déclaré. Cette démarche vise à dénoncer ce qu’il qualifie de tentative d’élimination physique des opposants.

Le Président de l’ECIDé a également exprimé son inquiétude pour ses compagnons de lutte. ‘’Je ne sais pas ce qui est arrivé à Sesanga, Kabund, Tshiamala et les autres, y compris nos militants’’, a-t-il ajouté. Aucun bilan officiel des affrontements n’a été communiqué à ce stade.

Selon Martin Fayulu, les policiers censés sécuriser la marche ont lancé des tirs de gaz lacrymogènes en direction des manifestants, avant que la Force du progrès ne soit placée en première ligne. ‘’Il (Tshisekedi) prend ses éléments de la Force du progrès avec les policiers qui étaient supposés nous sécuriser (…) On avance. On voit maintenant les policiers en train de lancer des tirs de gaz lacrymogènes vers chez nous. Et maintenant, il met la force du progrès au-devant d’eux avec des machettes’’, a-t-il expliqué.

Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions politiques autour de la question du troisième mandat. Martin Fayulu a annoncé la publication prochaine d’autres activités de terrain pour contrer ce qu’il considère comme une volonté de Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat.

« Nous avons été surpris par un dispositif impressionnant de l’armée et de la police pour empêcher cette manifestation pacifique« , a déclaré Mohamed Eyenga, coordonnateur provincial du parti d’opposition Envol et cadre de la coalition C64.

« Beaucoup de nos militants ont été malheureusement et arbitrairement arrêtés« , a-t-il affirmé.

Une tout autre version de la police

« La police a pris des dispositions pour permettre à chaque citoyen de vaquer librement à ses occupations« , a indiqué le général Blaise Kilimbalimba, commandant de la police dans la province, assurant qu’aucun manifestant « pacifique » n’avait été interpellé. « La situation est calme depuis ce matin« , a-t-il ajouté.

Les principaux partis d’opposition se sont rassemblés depuis mai dans une coalition pour faire obstacle à un projet de modification de la Constitution porté par la majorité au pouvoir. L’opposition dénonce une manœuvre visant à permettre au président Félix Tshisekedi, arrivé au pouvoir en 2019 puis réélu en 2023, de briguer un troisième mandat.

V.A.