Tunis (© 2025 Afriquinfos)- Une rencontre entre l’ambassadeur de l’Union européenne, Giuseppe Perrone et Noureddine Taboubi, le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), n’a pas plu aux autorités tunisiennes. Le Président Kais Saied a convoqué le diplomate européen pour protester contre ce qu’il considère comme une «ingérence flagrante».
Le mardi 25 novembre l’audience accordée par la présidence tunisienne à l’ambassadeur de l’Union européenne, Giuseppe Perrone, n’avait rien de cordiales. Le président Kaïs Saïed a convoqué le diplomate pour lui faire part d’une «protestation ferme» et dénoncer le «non-respect des règles de la diplomatie» et le «recours à des pratiques en dehors des cadres officiels reconnus par les usages diplomatiques».
Le dirigeant tunisien avaient dans la foulée, instruit son chef de la diplomatie Saied de «protester fermement auprès d’un représentante d’un pays étranger accrédité en Tunisie», qu’il a accusée d’ingérence sans l’identifier. «Quiconque manque de respect à notre pays ou ignore les règles de conduite internationale doit comprendre que nous n’accepterons pas cela, et nous les tiendrons pleinement responsables de leurs actions», a-t-il ajouté.
Quelques jours plus tôt en effet, Guiseppe Perrone avait rencontré Noureddine Taboubi, le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT). A cette occasion, il a salué publiquement «le rôle important » de la centrale syndicale «en faveur du dialogue social et du développement économique» en Tunisie.
Une intervention qui n’a pas été du goût des autorités tunisiennes alors que la Centrale syndicale mobilise ses troupes pour exiger des hausses salariales et dénoncer l’inaction de l’État face à l’érosion du niveau de vie des Tunisiens.
L’UGTT, auréolée de son Prix Nobel de la Paix en 2015 et forte de ses 700.000 membres, a brandi la menace d’une grève générale nationale. «L’organisation se dirige vers une grève générale pour défendre les acquis matériels et sociaux des travailleurs face aux difficultés quotidiennes», a déclaré Noureddine Taboubi.
L’Union européenne pour sa part, à apporter son soutien à son représentant à Tunis. Un porte-parole de l’Ue a rappelé que ce genre de rencontre «fait partie de leurs fonctions que les diplomates, où qu’ils se trouvent dans le monde, dialoguent avec un large éventail d’interlocuteurs», et que «cela inclut des contacts avec des organisations de la Société civile». Cela peut «grandement contribuer à renforcer la coopération bilatérale et à améliorer la qualité du dialogue», a ajouté le porte-parole, tout en soulignant que l’UE a «pris note des messages transmis par le Président Saïed».
S. B.



